L’être humain n’est pas un cerveau qui dirige un corps physique. D’après les connaissances spirituelles, il est un esprit immatériel (une âme) incarné dans un corps. Ce savoir est important à connaître, car il élargit la compréhension que l’on peut avoir de soi-même et explique d’où vient le manque de «pression» dont souffrent en général les déprimés.
Le rôle de l’esprit et du cerveau
L’esprit est originaire du plan spirituel. Pour séjourner sur terre, il s’incarne dans un corps qui lui sert d’outil. Ce corps possède un instrument très performant permettant à l’esprit de concrétiser son vouloir sur terre : le cerveau. Le cerveau n’est donc pas le centre de la personnalité, mais un outil à la disposition de l’esprit.
À cause de leur différence de genre – l’esprit étant fabriqué avec les matériaux du plan spirituel, le cerveau avec ceux du plan terrestre –, leurs capacités et fonctions sont différentes.
L’esprit est le seul élément vivant en l’être humain. Il ressent et vit. C’est en lui que résident les facultés de cœur, l’intuition, la conscience de soi, le centre de volonté. À cause de son origine spirituelle, il a des vues larges de la réalité.
Le cerveau est l’outil. Il ne vit ni ne ressent, mais pense, analyse. Son savoir est intellectuel. À cause de son origine matérielle, sa vision est uniquement portée sur la matière. Étant analytique, sa vision est fragmentaire.
Une collaboration fructueuse
Normalement, l’esprit et le cerveau collaborent. L’esprit transmet son vouloir au cerveau qui, en tant qu’outil destiné à cela, le réalise concrètement dans la matière, c’est-à-dire le transforme en paroles et en actes.
Lorsque cette collaboration a lieu, l’être humain se sent bien avec lui-même et est capable de faire face à ce qui se présente à lui, car il utilise l’ensemble des facultés à sa disposition. Malheureusement, cette collaboration n’est pas toujours effective. Au lieu que l’esprit dirige, il est parfois «mis de côté» et «seules» les facultés intellectuelles du cerveau sont mises à contribution. Ce déséquilibre peut conduire à la dépression.
Qu’est-ce que la dépression ?
Pour répondre à cette question, il est nécessaire de se demander pourquoi on parle de manque de pression pour les dépressifs et à quelle pression il est fait allusion.
L’observation des personnes déprimées a conduit à l’utilisation de ce terme parce que toute leur manière d’être, leur aspect, ce qui «irradiait» d’elles révélaient un manque de «pression». Il ne s’agit évidemment pas de la pression sanguine, ni d’une hypothétique pression nerveuse, mais d’une pression intérieure, celle qui fait que l’ex-pression de notre volonté, c’est-à-dire la pression que nous exerçons sur l’extérieur par notre manière d’être, nos paroles et nos actes, fait im -pression sur les autres.
Cette pression est issue de l’esprit et non du cerveau. Or, chez une personne déprimée, l’esprit ne peut agir dans sa pleine mesure, impressionner normalement son entourage et contrebalancer ou équilibrer la pression venant de l’extérieur. Au contraire, l’esprit du déprimé n’est pas seulement impressionné par la pression externe, il est écrasé par elle, d’où ses peurs, son désespoir et l’abandon de la lutte.
Le réveil de l’esprit est nécessaire
Aider lors d’une dépression passe avant tout par remettre l’esprit au premier plan. Pour cela, il est nécessaire de devenir conscient de la différence qui existe entre l’esprit et le cerveau et chercher à redonner la prééminence à l’esprit. Cela ne peut se faire qu’en le sollicitant et en l’utilisant davantage, ce qui consiste à se préoccuper de questions spirituelles, comme celles du sens de la vie. S’efforcer d’agir avec justice, amour du prochain et dans le sens du beau y contribue aussi, car ce sont des choses qui échappent à l’intellect. En faisant appel au moi profond de l’être humain, l’intellect est remis à sa vraie place, la deuxième. Il est dès lors beaucoup plus facile de prendre du recul par rapport aux situations que l’on vit et à voir au-delà des raisonnements et obsessions étroites de l’intellect. Fortifié et remis en mouvement, l’esprit sort ainsi de son état de manque de pression et peut dès lors s’opposer victorieusement aux influences externes.
Christopher Vasey
Voir le livre du même auteur : À la découverte de soi, dans notre catalogue, collection Monde du Graal.
Si vous souhaitez réagir à cet article ou poser des questions, nous vous invitons à le faire en écrivant à lecteurs@graal.ca.