Les médias de nos jours regorgent d'informations alarmistes à propos des conditions climatiques anormales qui sévissent un peu partout autour du globe.
La communauté scientifique semble partagée sur le sujet ; le consensus est que les changements climatiques observés, et les températures plus chaudes, laissent présager un réchauffement global de la planète, aux effets catastrophiques à long terme. La tournée mondiale d'Al Gore à ce sujet est un exemple de sensibilisation à ce phénomène.
D'autre part, d'autres chercheurs universitaires aux États-Unis affirment qu'il s'agirait plutôt de symptômes augurant une nouvelle ère glaciaire. Joellen Russel, dans un article publié dans Futura-Sciences, ainsi que Robert Foggweiler, respectivement des universités d'Arizona et de Princeton, semblent plutôt soutenir ce modèle.
Pour l'homme de la rue, la réponse à la question «Qu'est-ce qui se passe au juste ?» est plutôt élusive. Que croire ?
Malgré ces opinions, certains vous diront qu'il n'y aurait pas plus ou pas moins d'événements climatiques extrêmes ou de catastrophes naturelles qu'avant, que leur plus grand nombre reflète seulement un meilleur réseau international de communications qu'auparavant. Cependant, il faut se rendre à l'évidence que les faits parlent d'eux-mêmes. La communauté internationale ne serait pas aux abois si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ici seulement au pays, les données d'Environnement Canada indiquent clairement un changement des conditions climatiques, et le couvert de glace de l'Arctique et du Groenland fond à une vitesse encore plus rapide que les modèles ne le prévoyaient. Les événements climatiques catastrophiques s'intensifient aussi au Canada.
Il faut reconnaître que notre planète semble en proie à un profond malaise créé par l'activité humaine sans frein. Mais en bout de ligne, c'est à chacun de tirer ses conclusions des observations qui sont faites.
Cependant, loin de baisser les bras devant tous ces événements, nombreux sont ceux qui choisissent de se retrousser les manches et d'agir à leur niveau. Bien des gens choisissent de modifier leur mode de vie et de prendre des décisions à petite échelle. Dans leur microenvironnement, ils posent de micro-gestes : pesticides bannis, code de cohabitation avec la faune locale, et réduisent leur consommation, avec une attitude «Merci, j'en ai suffisamment». Ils prennent des petites décisions pour réduire leur consommation d'énergie, recyclent. Ils valorisent la flore locale et résistante aux conditions de leur région lorsqu'ils aménagent des propriétés et jardins. Partout, on voit des actions en faveur de notre planète.
Par exemple, la municipalité de Wallace, en Nouvelle-Écosse, vient de tenir son premier festival du pissenlit, pour réhabiliter cette plante si décriée. L'Université de Sherbrooke, pour régler un problème de stationnement et de pénurie de logement pour leurs étudiants, a pris une entente avec le fournisseur de transport en commun local et a permis aux étudiants de voyager gratuitement en autobus. Résultat : les étudiants ont adopté le transport en commun, désengorgé les stationnements, les logements sont maintenant mieux répartis dans la communauté, en raison de la facilité de transport, et l'Université projette de convertir des stationnements existants en parcs. À Laval, la Société de Transport réduit ses tarifs journaliers de 60 % pour les mettre à 1 $ les journées où un avertissement de smog est en vigueur, question d'inciter les automobilistes à emprunter les transports en commun et de réduire les émissions de gaz. Du côté international, même la Chine, principal pollueur de la planète, fait la guerre aux sacs de plastique réutilisables.
Si les micro-gestes en faveur de l'environnement et de la santé planétaire sont multipliés, peut-être créeront-ils un effet d'entraînement, catalysant les efforts en un mouvement qui pourrait avoir autant d'impact et de succès que le microcrédit connaît présentement dans maintes communautés internationales.
Cette nouvelle forme de financement permet maintenant à des économies fragiles de s'épanouir de façon telle que la Banque mondiale recommande son utilisation de façon encore plus étendue pour soutenir les économies en voie de développement, celles du Tiers et du Quart-Monde.
Ces micro-gestes pour notre planète, qui commencent avec nous par des petits choix en apparence insignifiants en eux-mêmes, pourraient avoir dans les faits bien plus de pouvoir que nous ne leur en créditons, et qui sait, avoir un impact majeur à long terme et à plus grande échelle.
Ère glaciaire ou réchauffement de la planète ? Difficile à dire. Mais nous avons tout à gagner à mettre des efforts au profit de la santé de notre planète.
Diane Labrosse
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