À l'évocation du prestigieux mot «Graal», les connaisseurs de la littérature médiévale penseront aux poèmes de Chrétien de Troyes, de Robert de Boron, de Wolfram von Eschenbach, et les mélomanes aux drames lyriques Lohengrin et Parsifal de Richard Wagner.
Bien que pressentant une origine très élevée du terme et de ce qu'il recouvre, les auteurs inspirés n'ont cependant jamais su dire en quoi consistait le Graal, ni où il se trouvait. Ainsi dans leurs poèmes, il est tantôt une coupe ou un calice, tantôt une pierre précieuse. Cette incertitude a conduit certains à n'y voir qu'une notion purement symbolique ayant cependant une haute valeur morale. Malgré de nombreuses recherches et un flot de livres, la question n'avait jamais reçu une réponse crédible et satisfaisante. Si, pour les uns, la Quête du Graal continuait à rester un lumineux appel et une impulsion vers un haut idéal, d'autres étaient arrivés à se demander si cette histoire n'était pas une invention des poètes médiévaux épris de merveilleux.
Dans cette impasse, l'explication sur le Graal ne pouvait nous parvenir que par le Graal. C'est ce qui s'est produit effectivement, sous forme d'une nouvelle révélation apportée par Abd-ru-shin. À la lumière de son Message du Graal, nous apprenons enfin que, loin au-dessus de l'emprise terrestre, le Graal existe réellement.
Abd-ru-shin écrit : «L'être humain devrait cesser de considérer le Saint-Graal comme étant simplement quelque chose d'insaisissable, car il existe réellement !» (Tome II, 34)
«Entouré d'un tissu de légendes, objet d'aspiration d'innombrables êtres, il se dresse là dans la Lumière de la plus grande splendeur et abrite la Coupe sacrée du pur Amour du Tout-Puissant, le Graal !» (Tome l, 13)
À l'aide d'une description complète de la Création, de ses lois et de son fonctionnement, nous prenons conscience du rôle primordial qui revient au Saint-Graal. Il représente le seul point à travers lequel le Créateur est en contact direct avec Son Œuvre. Toute la Force qui émane de Lui arrive à ce centre, d'où Elle est distribuée.
C'est par le portail grand ouvert du Manoir du Graal que déferla le rayonnement créateur lorsque Dieu prononça et réalisa Sa Parole : «Que la Lumière soit !» Et c'est aussi par le Saint-Graal que transite la Force vivifiante, apportant à intervalles réguliers une nouvelle impulsion à l'entretien et à l'évolution de tout ce qui a pris forme.
Par rapport à l'énergie indispensable au fonctionnement des phénomènes cosmiques, la quantité nécessaire pour couvrir nos besoins ménagers et industriels est évidemment insignifiante. Elle est d'ailleurs prélevée sur les réserves naturelles, car pas plus que de la matière, nous ne saurions créer de l'énergie.
Mais, du fait que nous sommes des esprits incarnés, nous avons aussi une vie intérieure. Les intuitions, sentiments, pensées et paroles ont également besoin d'une forme d'énergie appropriée pour se former et agir.
En outre, nous savons à présent que le vague terme de l'au-delà couvre en réalité une prodigieuse suite de plans invisibles, ayant chacun une vie adaptée à ses possibilités. Et si nous nous demandons finalement d'où peut bien venir cette énergie, disponible en de nombreuses gradations et couvrant les besoins de toutes les créatures, il n'y a qu'une réponse possible : Dieu. Il n'a pas seulement lancé la fantastique roue du devenir, mais Il l'entretien aussi en renouvelant régulièrement le flux de Sa Force. Affluant périodiquement dans la coupe du Manoir du Graal, la Force vivifiante est distribuée à partir de là dans toute la Création.
Ainsi, la réalité s'avère infiniment plus merveilleuse et plus stimulante que tout ce que nous avions imaginé. À présent, nous sommes initiés à ce qui a été si longtemps le mystère du Graal, et une pièce maîtresse de l'activité cosmique nous devient compréhensible. L'Amour et la Sollicitude du Créateur en ressortent avec plus de grandeur souveraine encore.
Cette conviction nous permettra d'aborder avec confiance la phase décisive de notre long cheminement.