Confiance en soi, orgueil et humilité

Premier article d'une série

Quelqu’un me disait, il n’y a pas longtemps que, pour avoir confiance en soi, ça prend de la fierté et un peu d’orgueil. Avait-il raison ?

Un être humain orgueilleux a-t-il vraiment confiance en lui ? En apparence, oui, parce qu’il en arrive à se créer un univers personnel imaginaire dans lequel c’est lui-même qui est à la première place, qui est le plus en vue.

Dans cet univers imaginaire, dépendant de l’intensité de son orgueil, il y a peu de place pour ceux qui pourraient lui en apprendre, pour ceux qui sont meilleurs que lui dans un domaine ou l’autre. Il y a surtout de la place pour ceux à qui il aurait des choses à enseigner, des leçons de vie à faire… ou pour ceux qui lui voueraient de l’admiration, de la reconnaissance.

De plus, c’est remarquable de voir comment certains se défilent ou se désistent lorsqu’ils sont sûrs de rencontrer quelqu’un qui a des idées meilleures que les leurs, et qui aurait des choses à leur enseigner. Tous les prétextes sont bons alors, pour ne pas entrer en contact avec ce que ces personnes pourraient apporter de mieux. S’ils sont obligés d’être en présence d’une telle personne, ils se montrent sceptiques, pointilleux, peut-être même arrogants.

Est-ce cela la base de la confiance en soi ? C’est une confiance fragile qui a besoin d’illusions sur soi-même pour subsister. Les circonstances de la vie peuvent parfois obliger une personne orgueilleuse à se regarder en face, tel qu’elle est, à s’ouvrir les yeux pour réaliser par exemple, que là où elle se croyait indispensable, elle nuisait et empêchait souvent les choses de progresser, parce que tout était trop centré sur sa personne, que là où elle se croyait admirée, on était stressé ou accablé par sa présence. Prendre conscience de cela, pour une personne orgueilleuse, c’est une épreuve terrible. Certains ne tiennent pas le coup.

Je crois sincèrement que l’orgueil et la vraie confiance en soi ne peuvent aller de paire parce que la confiance en soi est une force, tandis que l’orgueil crée chez une personne de la vulnérabilité, de la susceptibilité, bref, de la fragilité.

On peut être une personne fière, mais pas orgueilleuse. On peut être content de ce qu’on fait, être content de là où l’on en est rendu dans son cheminement, être fier de ses réalisations, être reconnaissant pour ses réussites ; on peut vivre ces états d’âme sans vantardise et ça peut donner de l’élan, de l’enthousiasme, le goût de continuer, d’en faire plus ; et, avec cette fierté, il y a, en soi, toujours de la place pour l’amour, la compassion, l’intérêt pour ce qu’est l’autre en tant que personne ou pour ses réalisations.

Et l’humilité, elle, cohabite-t-elle bien avec la confiance en soi ?

Expliquons-nous bien ; je parle de la vraie humilité, non pas de celle qui nous amène à nous imaginer petits, pécheurs, minables, pitoyables, honteux, dignes du châtiment divin, etc. Tout cela n’est qu’une tragédie imaginaire que certains jouent en espérant gagner une petite faveur de Dieu, par ce moyen. Le mot «humilier» ressemble malheureusement trop au mot «humilité». «Humilier» signifie : «Rabaisser quelqu’un en le faisant apparaître comme inférieur, méprisable, indigne de la valeur qu’on lui accorde». C’est la définition qu’on en retrouve dans le Larousse. Celle du mot «humilité» n’est guère mieux : «état d’esprit de quelqu’un qui… se considère sans indulgence, qui est porté à rabaisser ses propres mérites.»

C’est à travers l’œuvre spirituelle «Dans la Lumière de la Vérité – Message du Graal» de Abd-ru-shin que l’on retrouve la vraie notion d’humilité. Et ce genre d’humilité est une force chez l’être humain, une force capable de le faire progresser rapidement.

La vraie humilité nous amène à être objectifs envers nous-mêmes ; elle nous permet de reconnaître nos lacunes, nos manques, nos points à améliorer, et cela, en toute simplicité, sans en rajouter, et sans être affligés d’un grand mal à l’âme au moment de cette prise de conscience, parce que le but est de s’améliorer. Que ça fasse mal au début, lors de cette prise de conscience, c’est normal ; mais ce malaise disparaît assez vite, dès que l’on se met à avancer.

La vraie humilité nous permet de reconnaître aussi nos forces, nos talents, nos qualités et cela, sans vantardise, dans la plus pure objectivité, sans chercher à impressionner les autres ainsi. L’humilité, c’est donc de se voir tel qu’on est, tout simplement. C’est de se voir sur la voie du développement personnel, du progrès spirituel. Sur ce chemin, on est en mesure d’apprécier ce qu’on y a gagné, ce qu’on y a appris, ce qu’on y a expérimenté. Et, nous réalisons en même temps qu’il en reste encore beaucoup à acquérir, que nous sommes encore petits à côté de ce que nous sommes appelés à être. Mais tout ça, c’est la vie normale et c’est un parcours intéressant, avec de beaux défis personnels à relever.

Sur cette voie, on découvre des valeurs riches qu’on pourrait enseigner aux autres, mais on se laisse aussi guider par d'autres, plus expérimentés que soi ; on y voit même un avantage à apprendre des expériences des autres et de leur façon différente d’aborder des problèmes, des questions.

Le parcours terrestre devient alors comme un réseau routier partiellement construit. Pour se rendre là où on veut aller, on peut avoir à construire ici et là un chemin nouveau ; mais si on veut se rendre vite au but, il faut savoir emprunter aussi les chemins déjà bien construits qui mènent dans la direction voulue. Si on veut tout construire soi-même – et même ouvrir de nouvelles routes à côté de celles qui vont déjà bien –, c’est loin d’être sûr qu’il restera assez de temps pour atteindre notre but.

Dans tout cela, l’orgueilleux, lui, essaie constamment de «construire de nouvelles routes» même là où ce n’est pas nécessaire, pour impressionner. Il ne se gêne pas pour «donner son nom à ces nouvelles routes», afin d’essayer de devenir une référence pour les autres. Il craint qu’en parcourant les chemins construits par d’autres, il puisse y découvrir quelque chose de mieux que ce que lui-même aurait fait. Il se défile devant ça et donc, progresse moins bien ou progresse peu. La personne humble, elle, se réjouirait de voir ces méthodes plus efficaces conçues par d'autres ; elle serait volontaire pour les apprendre, les maîtriser tout en en «respectant les droits d’auteur», donc, tout en évitant de s’en attribuer la découverte, aux yeux des autres.

Vous vous rappelez cette parole du Christ : «Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers» (Matthieu 20, 16). Il y a une grande sagesse dans cette parole. Si nous nous représentons la vie comme un grand parcours que nous devons faire et sur lequel nous partons tous en même temps, nous réalisons que nous n’avançons pas tous à la même vitesse, et ce, pour diverses raisons.

On y remarque aussi que ceux qui veulent toujours se mettre à l’avant-plan pour en montrer aux autres, alors qu’ils auraient aussi à apprendre des autres, ceux qui n’apprennent pas beaucoup parce qu’ils mettent trop d’énergie à soigner leur image, à rehausser leur prestige, donc, à revendiquer leur statut de «premier», ceux-là arrivent derniers sur le plan des réalisations qui seraient vraiment bénéfiques pour leur entourage. En réalité, ils en réalisent peu et sont comme des artistes de scène qui n’ont pas beaucoup de temps pour leur représentation devant public… parce qu’ils passent trop de temps dans la salle de maquillage.

À l’inverse, ceux qui acceptent d’être «derniers», ou, disons mieux, ceux qui acceptent d’être des apprentis, des élèves là où c’est nécessaire, qui apprennent volontiers et de «bon cœur» des gens plus expérimentés, ceux-là, en fin de compte, progressent plus vite, réalisent plus vite des œuvres valables au profit des autres ; sur ce parcours, à cause de leur vitesse de progression — étant donné qu’ils ont accepté d’être des apprentis (ou des «derniers») — les voilà qui se retrouvent malgré eux à l’avant-plan, en tête de file.

Alors, croyez-vous qu’une certaine dose d’orgueil est indispensable pour renforcer la confiance en soi ? Quel est le meilleur fondement pour gagner vraiment confiance en soi ? L’orgueil ou l’humilité ? À vous d’y répondre maintenant !

Guy Poulin

Prochains articles sur le même thème :
«Certains obstacles à la confiance en soi et comment les surmonter»
«Deux merveilleux soutiens pour la confiance en soi: l'intuition et la confiance en Dieu»

Si vous souhaitez réagir à cet article, vous pouvez le faire en écrivant à lecteurs@graal.ca.

Syndication

Syndiquer le contenu