Troisième d’une suite de trois articles sur la confiance en soi
La confiance en soi nous permet tout naturellement de nous sentir forts et bien armés pour affronter les situations courantes et les situations plus difficiles de notre vie.
Pour nous, ces situations ou ces défis sont comme des marches d’une certaine hauteur nous demandant un effort pour les monter et certaines de ces marches nous sont bien accessibles. D’autres situations peuvent être représentées par des marches plus hautes dont il nous faut faire presque une enjambée pour arriver à les monter. C’est encore accessible, mais difficile.
Il y a des moments aussi où des obstacles se placent devant nous et prennent l’apparence de marches qui, à première vue, nous paraissent impossibles à monter. On pourrait alors conclure immédiatement : «Non ! Ce n’est pas pour moi ! Je ne suis pas capable !»
Devrions-nous quand même essayer de les monter malgré tout ? Peut-être que oui, peut-être que non, aussi. Et c’est ici que notre voix intérieure — ou notre intuition — peut nous être d’un grand secours. Si elle se fait bien sentir en nous, il nous sera possible de savoir s’il faut quand même faire face à ces situations très difficiles ou si nous n’avons pas à le faire.
Au cours de ma vie, j’ai eu un de ces grands défis qui s’est placé devant moi. Il m’est arrivé une fois d’avoir à choisir entre un travail facile et un autre qui me demandait un dépassement de soi au prix de grands efforts. C’était tentant de choisir la facilité, d’autant plus que, matériellement parlant, c’était plus payant aussi.
Mais j’avais une voix intérieure que je ressentais assez bien et qui exprimait un profond attrait pour relever le grand défi qui se présentait aussi à moi, en même temps. Elle me faisait ressentir un peu aussi ce que je vivrais si je choisissais la voie facile : une sorte de tristesse, de déception de passer à côté d’une expérience particulière. Ça ne veut pas dire qu’il faut toujours choisir ce qui est difficile. Non. Mais dans mon cas, c’était vraiment ce qu’il me fallait faire, à ce moment-là.
Comme le défi me paraissait immense, j’ai demandé beaucoup d’aide à Dieu, particulièrement dans les moments où j’avais envie de me dire : «Ah ! C’est trop !» Dans ces moments, mon imagination l’emportait presque sur l’intuition.
J’ai relevé finalement ce défi pendant les semaines suivantes. Au cours de ces semaines, dans mon âme, il y avait oscillation entre le désir d’abandonner, parfois, et les merveilleuses impressions de réconfort, de soutien que je ressentais, à la suite de prières silencieuses, mais intenses qui venaient du fond du cœur. Il me fallait ici et là répéter ces appels à l’aide silencieux, parce que, dans ces moments-là, je ne me sentais pas vraiment à la hauteur. Et les réponses intérieures venaient toujours ; j’étais habité d’un courage inhabituel, accompagné d’une façon différente et plus encourageante de voir la situation difficile que j’avais choisie.
Une fois le tout terminé et mené à terme, je suis parti avec l’impression d’avoir appris et compris quelque chose de grand, à travers cette expérience, d’y avoir vécu quelque chose de précieux qui ne s’explique pas de façon concrète. Sur le plan matériel, j’ai gagné moins d’argent que si j’avais choisi la solution facile ; mais intérieurement, ce que j’y ai acquis est précieux et ne s’achète pas avec de l’argent. Par la suite, je me sentais plus fort face à tout, mieux équipé pour faire face à ce qui, dans ma vie courante, me stressait auparavant.
Je peux dire que j’y ai gagné une plus grande confiance en moi. Je l’ai gagnée, bien sûr, grâce à cette merveilleuse aide invisible que j’ai ressentie par moment, particulièrement quand j’en avais le plus de besoin. Elle m’a permis de surmonter quelque chose qui me paraissait quasi insurmontable, au départ… et à la suite de cette expérience qui a été une sorte de victoire sur moi-même, bien des choses difficiles me faisaient moins peur.
J’ai compris aussi que la confiance en soi, c’est non seulement d’avoir confiance en ses propres ressources et ses propres forces, mais aussi d’avoir confiance aux forces ou aux aides invisibles que le Créateur met constamment à notre disposition, au moment où il nous faut faire un effort spécial pour surmonter quelque chose. Et ça fonctionne si on demande cette aide avec confiance, étant rassuré aussi que, ce qu’on va faire avec, ça va être quelque chose de bien.
Certains d’entre vous se demandent peut-être : peut-on avoir vraiment confiance en soi s’il faut se fier régulièrement à ces forces invisibles pour diverses situations de notre vie ou diverses réalisations ? N’est-ce pas plutôt un signe de manque de confiance en soi ?
Je vous répondrais avec la comparaison suivante : un chef d’État qui est entouré de bons conseillers, de gens fidèles et éclairés en qui il peut avoir vraiment confiance, ce chef va démontrer plus de confiance en lui-même aussi dans les décisions qu’il va prendre et dans ce qu’il va dire par la suite pour appuyer ses décisions ; à l’opposé, si ce chef d’État n’a pas confiance en ceux qui sont supposés l’aider et le soutenir, parce qu’il n’est pas sûr de leur intégrité, s’il se sent souvent obligé de prendre ses décisions seul, de les défendre seul, sans soutien de ses proches, à la longue, ça risque de devenir épuisant pour lui. Par moment, il peut douter, manquer en partie de confiance en lui.
Ce n’est écrit nulle part qu’il faille absolument tout réaliser tout seuls, par nos propres moyens, si nous voulons donner la preuve de notre force intérieure et montrer que nous sommes vraiment à la hauteur. Croire cela, c’est le résultat d’un manque de connaissance des lois de la vie, ces lois qui expriment la Volonté divine. L’être humain n’a pas à s’isoler et lutter tout seul, mais il doit s’habituer à collaborer… Collaborer avec son entourage terrestre, dans la mesure où cet entourage est digne de confiance, collaborer aussi avec les aides invisibles de l’au-delà qui sont prêts à soutenir tout ce qui se réalise de bien, ici sur terre. Lorsque nous sommes capables de nous unir à eux, le bien que nous faisons acquiert un plus fort rayonnement, un plus grand impact.
Dieu n’a pas prévu que l’être humain doive absolument se débrouiller tout seul en toute circonstance et impressionner son entourage s’il arrive à le faire.
Le fait de nous sentir unis à tous ces aides qu’Il met à notre disposition, ça ne fait pas de nous des êtres faibles et dépendants, mais au contraire, c’est vécu comme une appartenance à une sorte de communauté bienfaisante, une sorte de chaîne d’amour qui part de très haut, dans l’au-delà, et qui vise la collaboration pour le bien de l’humanité. Nous sommes alors le maillon de la chaîne qui peut le mieux concrétiser ici-bas, ce qui se prépare dans la Lumière, pour nous. Lorsqu’on est assez spirituel pour ressentir qu’on fait partie intégrante d’une telle chaîne de collaboration, cela aussi donne de la confiance en soi.
Sur le simple plan psychologique, le sentiment d’appartenance est déjà considéré comme quelque chose d’indispensable pour l’estime de soi. Et si nous pouvons, en plus, collaborer ici-bas avec quelques personnes en chair et en os que nous aimons beaucoup et en qui nous avons confiance, quoi de mieux pour nous sentir forts et solides au cours de notre existence.
L’aide invisible, à laquelle nous avons accès bien plus que nous ne le croyons, ne nous est pas seulement accordée pour relever de grands défis… lorsque nous avons vraiment à les relever. Elle peut être là aussi pour toutes sortes de bonnes raisons, pour des tâches faciles ou difficiles, pour mettre une plus belle touche personnelle, à travers ce que nous faisons de facile ou de difficile. Ça peut être aussi pour nous aider à mieux comprendre quelqu’un, à mieux l’aider ; ou encore pour bâtir un projet, créer quelque chose de nouveau, ou tout simplement, pour mieux apprécier l’instant présent. Dès que le but est bon et a sa raison d’être, peu importe lequel, l’aide est toujours disponible. Il nous faut simplement la demander, avoir confiance et en être reconnaissant.
Et si nous croyons que cette aide est une faveur spéciale qui est accordée en de rares occasions, nous pouvons découvrir, à travers l’œuvre «Dans la Lumière de la Vérité» de Abd-ru-shin que : «… l’activité de la Création, une activité issue de la Volonté parfaite de Dieu et soutenue par Elle, renferme tous les secours destinés aux hommes, depuis l’origine et pour toute l’éternité… à condition qu’ils ne s’en détournent pas eux-mêmes en voulant “mieux savoir ”.» (Tome 1, chapitre 8)
Finalement, la confiance en soi, ce n’est pas seulement d’avoir confiance en ses propres forces, ses propres talents et ses propres ressources personnelles. C’est aussi de se sentir bien entouré.
Guy Poulin
Articles précédents sur le même thème :
1. «Confiance en soi, orgueil et humilité»
2. «Certains obstacles à la confiance en soi et comment les surmonter»
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