Le suicide, un grand détour

Silhouette tristeUn soir sans étoiles, une adolescente dit à son ami, tout comme dans la chanson de Francis Cabrel : J'ai déjà trop marché… mon cœur est déjà trop lourd de secrets… trop lourd de peines. Elle disait, je ne continue plus…Cet ami l’écoutait calme et sérieux… Elle ne croyait plus au soleil. Puis, elle se tut, le regard lointain, presque vide.

Après un moment de réflexion, son ami lui répondit : «Si tu choisis de partir ainsi, tu feras un grand détour ! Il te faudra revenir et traverser cette peine, j’en suis persuadé… tu perdras un temps précieux !»

Cette nouvelle vision des choses la secoua. En silence… ce silence qui pourtant crie si fort, elle s’attarda à ces phrases. Et si c’était vrai ! Si cette souffrance ne me laissait pas après ? Maintes pensées tournaient dans sa tête, elles se ruaient dans toutes les directions.

Finalement, une seule pensée prit le dessus et demeura en elle. Tu perdras un temps précieux.

Et si c’était vrai, si je devais revenir et affronter ? Sa voix intérieure lui retournait sans cesse cet écho… Alors, de toute son âme, elle fit une prière afin de demander le courage de vivre et l’aide nécessaire pour la traversée de cette rivière si froide.

En cette semaine de la prévention du suicide, souhaitons à toutes celles et ceux, jeunes et moins jeunes, dont le cœur est lourd de secrets et de peine, de trouver un ami qui voit plus loin que ce que les yeux du corps peuvent apercevoir. Souhaitons-leur de s’ouvrir aux multiples secours qui les entourent afin qu’ils puissent réaliser eux aussi que leur vie est un don précieux !

*

Et pour compléter l’importance d’avoir une autre perception de la vie ici sur terre, voici une sagesse amérindienne :

«Un jour, il y avait un beau jeune homme rempli de grâce, dont la voix charmait les étoiles. En un clin d’œil, ses proches furent balayés de cette terre. Ayant perdu sa famille, il se senti seul et désespéré. Il eut le sentiment que la vie devait finir pour lui aussi. Alors qu’il appuyait un couteau sur son cœur, un ours approcha et dit : “Ho, yoho, yoho ! Pourquoi fais-tu ça ?” Le jeune homme fut surpris que quelqu’un s’enquiert de son état, il avait oublié qu’il n’était pas seul. L’ours demanda : “À qui appartient ce corps ?” Le jeune homme hésita. L’ours répondit à sa place : “C’est une robe qui t’a été prêtée par le Créateur, afin que tu puisses faire l’expérience de la vie. Puisqu’elle t’a été prêtée et qu’elle est difficile à obtenir, tu ferais bien de ne pas la détruire.”» (Dhyani Ywahoo, Sagesse amérindienne, éd. Le Jour, Montréal, 1994 ; traduit de l’anglais : Voices of our ancestors [Cherokee]).

Ginette C. Charest

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