Qu’est-ce que la vie ?

Soleil vu au travers des épis de blésVoici la question la plus large que l’on puisse se poser. Sûrement trop large pour en faire le thème d’un écrit. Y répondre peut sembler aussi vain que de tenter de vider la mer à l’aide d’un coquillage. Et pourtant, nous nous la posons constamment, aussi naturellement que nous respirons ou que le sang voyage dans nos veines ou que notre cœur bat au rythme du monde.

Cette question qui regroupe toutes les autres en elle : D’où suis-je venu ? Où vais-je ? Qui suis-je et quel sens a ma vie ? Cette grande question, on peut tenter d’y répondre de bien des manières. De façon poétique, avec son cœur, comme dans ces paroles amérindiennes souvent citées :

«Qu’est-ce que la vie ? C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit. C’est le souffle d’un bison en hiver. C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au coucher de soleil.» (Crowfoot, 1821-1890)

C’est d’ailleurs à cela que s’appliquent toutes les formes d’art depuis les premiers pas de l’homme sur Terre, alors qu’il traçait la forme de ses mains sur les parois des cavernes et qu’il alignait les grandes pierres pour célébrer les mouvements du soleil et des étoiles.

Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce qui relie un ensemble de particules diverses pour en faire une entité unique, un être humain, par exemple ? Lorsque cette chose mystérieuse qui relie les cellules entre elles quitte le corps, tout ce qui constituait le corps se désagrège et ses différentes composantes retournent aux éléments d’où ils proviennent. Qu’est-ce qui a animé le corps à la naissance et qui le quitte avec la mort ? Est-ce cela, la vie, cet élément invisible dont on voit pourtant les effets ?

Notre corps est un vêtement animé par l’esprit qui l’habite. D’ailleurs, cette notion est déjà incluse dans cette expression, qui vient du mot âme (anima) et qui signifie : donner une âme à quelque chose, lui donner la vie et ainsi la mettre en mouvement.

Dans la Genèse, le Créateur prend de l’argile inerte et en fait un corps. C’est lorsqu’Il souffle dessus qu’Il en fait un être humain. Ce souffle est son esprit, la partie vivante en lui et le siège de sa conscience.

Qu’est-ce que la vie ? Pour nous, les êtres humains, elle a d’abord pris la forme d’une étincelle d’esprit, qui fut par la suite habillée de diverses enveloppes, tout au long de son périple. Pour s’éveiller, cet esprit endormi devait plonger dans des mondes de plus en plus denses, et jusqu’à la Terre pour y vivre des expériences, y récolter les fruits de ses actes et en tirer des leçons.

Cette école impliquait que nous vivions plusieurs vies sur Terre avant d’arriver à maturité. Ce que nous tentons encore de faire sur cette planète, tant bien que mal.

Ceux qui vivent très longtemps, jusqu’à devenir centenaires, déclarent souvent que la vie est belle et bonne. Pourtant, ils ont vécu bien des malheurs, au cours de toutes ces années. Ils ont vécu de beaux jours ainsi que des expériences amères, mais malgré cela, ils insistent pour nous dire que la vie est bonne. Que la vie est belle et qu’elle mérite d’être vécue.

C’est dans cette gratitude envers la vie que réside pour nous le bonheur. Et le bonheur est souvent dans les petites choses : dans l’éclat d’une luciole, dans le souffle d’un bison… Si nous ne pouvons plus vivre dans cette simplicité, nous avons perdu beaucoup, et cela mérite qu’on y réfléchisse.

Normand Charest

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