Lorsqu’un grand peintre, musicien ou chanteur décède, bien des gens qui regrettent son départ se demandent si son talent cesse d’exister avec sa mort ; autrement dit, en se limitant à l’exemple d’un musicien, si sa faculté de jouer de son instrument de manière si merveilleuse a définitivement disparu de la création.
Pour bien des gens, le centre de la personnalité et du sens musical a son siège dans le cerveau. L’interruption du fonctionnement de cet organe, à la mort, entraîne alors automatiquement la disparition des facultés musicales, et ceci de manière définitive puisque le musicien est désormais décédé. Ceci n’est cependant qu’une manière de voir les choses, celle de la vision matérialiste. Il en existe une autre : l’approche spiritualiste.
L’être humain est un esprit immatériel, une âme, incarné dans un corps de chair. Le corps et le cerveau qui lui appartient sont des outils à sa disposition. Or, si le cerveau coordonne l’activité des différents organes nécessaires pour jouer d’un instrument, ce n’est pas en lui que réside la faculté musicale, mais en l’esprit. D’un organe matériel comme l’est le cerveau, siège des activités intellectuelles, c’est-à-dire des facultés d’analyse, de raisonnement, de déduction… ne peut émaner des choses élevées comme le sens du beau et de l’harmonie. Le cerveau est responsable du savoir pratique, l’esprit du savoir artistique.
De même qu’il ne suffit pas à un peintre amateur d’utiliser les pinceaux d’un peintre accompli pour peindre d’aussi beaux tableaux que lui, de même les mains ne suffisent pas pour faire un brillant musicien. La beauté du son obtenu par l’instrument naît de la manière d’utiliser les mains. Le bon ouvrier fait du bon travail même si ses outils ne sont pas parfaits. Le savoir-faire musical prime, et celui-ci réside dans le moi véritable de l’être humain, dans l’esprit. À la mort, ce talent reste acquis à l’esprit. Ce dernier l’emporte avec lui, lorsqu’il se sépare du corps physique, pour poursuivre son existence dans l’au-delà.
Dans les plans de l’au-delà et jusque dans le plan spirituel, l’esprit du musicien peut continuer à faire valoir son talent. En effet, la musique, comme tous les autres arts, n’a pas pour origine le plan terrestre, mais le plan spirituel. Ce plan est la véritable patrie du beau sous toutes ses formes. Les artistes sur terre ne font qu’en capter et en faire descendre des bribes.
Plus l’esprit, au cours de son ascension, se rapproche du plan spirituel, plus son talent se perfectionne. Le décès d’un grand musicien ne prive donc pas la création de son talent.
Christopher Vasey
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