L’idée du suicide et le goût de vivre

En réaction aux difficultés de la vie, certaines personnes peuvent être tentées par l’idée du suicide comme une solution, par la fuite, à leurs problèmes. Sans aller jusqu’à passer à l’acte, elles demeurent néanmoins entravées par des idées noires qui ne les quittent pas. Comment peut-on s’en libérer pour continuer à vivre de manière constructive et joyeuse ? C’est la question que nous pose un de nos lecteurs et à laquelle nous répondons par le texte suivant.

Question d’un lecteur :

Il y a de cela presque 10 mois, j'ai eu une très mauvaise passe et j'ai pensé au suicide, pas tant pour moi que comme concept. Ces idées noires, bien qu'amoindries, sont restées dans ma tête et me tourmentent, me faisant paraître comme figé dans le temps alors que le monde avance autour de moi. Cela me fait douter de l'importance de ma propre vie. Pourquoi ces idées, ces émotions qui me restent dans la tête, pourquoi ne puis-je pas faire la paix avec elles et aller sur mon chemin joyeux à nouveau comme je l’étais avant ?

Réponse :

Le préambule de votre question contient déjà la réponse. Pour comprendre ce qui vous arrive, j’aimerais vous expliquer le processus spirituel qui se déclenche lorsque nous émettons des pensées.

Les pensées qui s’expriment en nous sont bien réelles. Par un processus indépendant de nous, que nous ne pouvons empêcher, elles prennent une forme qui exprime leur vraie nature sur des plans inaccessibles aux yeux terrestres. Ainsi, diverses centrales de pensées naissent et entourent la Terre, des centrales de pensées d’amour, de justice, de bonté, de paix, de courage, mais aussi des centrales de pensées de haine, d’envie, de colère, de jalousie, de cupidité, de suicide… Pour ce faire, les pensées obéissent aux lois naturelles qui soutiennent la Création entière. Il est indispensable de connaître ces lois et leurs effets pour comprendre les expériences que nous vivons et pour faire des choix éclairés tout au long de notre vie.

Qu’arrive-t-il lorsqu’une personne entretient des pensées suicidaires ?

Ses pensées suicidaires, motivées par la peur de faire face à une réalité ou par la souffrance physique ou morale ou pour toute autre raison, prennent vie dans l’au-delà tout en restant attachées à leur auteur par un fil incassable. Aussitôt, entre en action la loi de la pesanteur. Ces pensées noires s’enfoncent dans une région de même pesanteur qu’elles en attirant ou en étant attirées par des pensées semblables, car la loi de l’attraction des affinités est simultanément à l’œuvre. Sur un plan invisible, mais combien réel, des nuages de pensées suicidaires émises de tous les points du globe se sont rassemblés et concentrés. Les pensées suicidaires de notre individu vont donc rejoindre cette centrale de pensées. La distance n’a pas d’importance. Elles se gonflent de l’apport de force qu’elles y trouvent et par la loi de la réciprocité des effets que l’on nomme aussi la loi de la rétroaction, elles reviennent renforcées vers lui, car il demeure toujours relié aux pensées qu’il a émises. Alors, il sombrera encore davantage dans ce tourbillon de pensées et, peut-être, après un certain temps, y puisera-t-il l’énergie et les moyens de passer à l’acte. L’auteur du Message du Graal nous dit :

«… Vos pensées sont des messagères que vous envoyez et qui vous reviennent lourdement chargées de tout ce que vous y avez déposé, que ce soit en bien ou en mal. Cela s’accomplit !»
(Dans la Lumière de la Vérité, tome 1, conférence 5)

À notre époque, cette centrale est gonflée à bloc par les pensées de la multitude d’êtres humains qui envisagent cette solution pour mettre fin à différentes souffrances ou situations difficiles. Elle déverse son influence dévastatrice sur tous ceux qui ont des tendances similaires, c’est-à-dire ceux qui jouent en pensées avec l’éventualité d’un suicide. Ainsi sans le savoir, notre individu, par ses pensées, contribue à aider d’autres personnes à envisager et peut-être même à commettre ce geste destructeur. Une part de responsabilité lui échoira également.

Il y a déjà dix mois, lorsque vous avez jonglé avec l’idée du suicide pour échapper à une situation difficile, vous vous êtes branché, sans le savoir, à cette centrale de pensées et vous êtes encore sous son influence. La vision sombre et déformée de la réalité ainsi que la paralysie qui vous étreint, s’expliquent par la liaison que vous entretenez encore avec cette centrale par vos idées suicidaires que vous dites amoindries. Intérieurement vous baignez dans ce monde de pensées qui teintent tout ce qui se passe autour de vous. Il en découle naturellement une lourdeur accablante et une incompréhension du sens de la vie.

Le fait de vous questionner et de vouloir retrouver la joie de vivre indique déjà que vous êtes sur la voie de la délivrance. Des efforts seront cependant nécessaires pour couper de façon définitive les liens qui vous retiennent à ces idées noires qui vous tourmentent. Pour retrouver votre indépendance et votre liberté intérieure, vous devrez être vigilant et contrôler constamment vos pensées suicidaires. Cherchez à remplacer chacune d’elles par des pensées de bienveillance envers autrui, de courage, de noblesse. Ainsi, peu à peu, vous vous affranchirez de l’emprise qu’exercent sur vous les nombreuses pensées de suicide sur lesquelles vous vous êtes vous-mêmes branché. Chaque victoire rencontrée dans cette lutte raffermira votre volonté et les fils qui vous relient à cette centrale se dessècheront, car ils ne seront plus alimentés. Vous en récolterez la joie et la paix auxquelles vous aspirez tant et vous contribuerez par vos pensées plus nobles à la progression de l’humanité. La prière sincère est également une aide inestimable. Par elle, la force vous sera accordée pour accomplir ce travail sur vous. Nous sommes libres du choix de nos pensées, mais nous sommes soumis aux effets qu’elles exercent sur nous. L’auteur du Message du Graal nous le rappelle clairement et nous conseille :

«La décision vous appartient, mais vous êtes ensuite soumis sans condition aux conséquences de vos pensées et de votre vouloir. Ces conséquences, c’est vous-mêmes qui les créez. Voilà pourquoi je vous adresse cet appel : “Gardez pur le foyer de vos pensées, vous faites ainsi régner la paix et vous êtes heureux.”»
(Dans la Lumière de la Vérité, tome 1, conférence 5)

Le processus décrit concernant les pensées suicidaires se déroule constamment pour toutes les pensées de l’être humain. Ainsi, plusieurs centrales de pensées entourent la Terre. À nous de choisir, par l’orientation de nos pensées, celles qui pourront ennoblir notre vie et la vie de notre entourage.

Vous êtes au milieu d’une de ces expériences où votre esprit doit déployer toute la force dont il est capable pour couper systématiquement avec les pensées de mort et se tourner résolument vers les pensées de vie. Si vous saisissez cette chance avec courage, l’aide ne vous fera pas défaut, car elle est tout près de vous. Vous pourrez aller à nouveau joyeux sur votre chemin, le regard plus clair, conscient de l’importance de la vie.

Diane Ch. Brault

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