La Nativité, extraits de Résonances des millénaires enfuis (3e partie)

Un brouhaha se fit entendre. Des formes sombres arrivaient au loin. Comme poussés par quelque force supérieure, des bergers, des femmes, des enfants approchaient. Le calme de la nuit en était troublé.

Et l’étoile, qui était toujours là, leur montrait le chemin. Comme signe visible, elle dardait ses rayons sur la toiture basse de l’étoile. Tous la voyaient.

«Le Messie – le Sauveur !» Ces exclamations montaient vers le haut, couvrant le bruit confus des voix, forçant inexorablement les hommes à lever les yeux.

Joseph s’était agenouillé près de sa femme. Il la considérait en silence ; telle une enfant fatiguée, elle avait tourné la tête de côté. L’enfant reposait paisiblement dans une crèche. Aucun bruit ne troublait la grandeur du moment.

– Marie !

Elle tourna son visage vers lui. Ses yeux brillaient.

– Sais-tu, Marie, qu’une étoile se tient au-dessus de notre toit ?
– Je le sais, Joseph.
– Et sais-tu également ce qu’annonce cette étoile ?
– Le Messie !

Joseph avala péniblement sa salive – mais il ne dit plus rien. Il se contenta de poser sa tête sur la main que Marie avait abandonnée sur la couverture.

Marie sentit le dos de sa main devenir humide des larmes de Joseph : elle ne bougea pas.

Ce profond silence ne tarda pas à être interrompu par des coups discrets frappés à la porte. Joseph se leva pour aller ouvrir.

Il vit avec stupeur une foule de gens qui, serrés les uns contre les autres, peureux et craintifs, attendaient immobiles.

– Que voulez-vous ? s’enquit-il d’un ton bourru.

Une enfant, une toute petite fille, s’avança timidement.

– Nous voulons voir le Messie, là ! Une femme nous a dit qu’il était ici !

Joseph, hésitant, se tourna vers Marie ; celle-ci inclina la tête en souriant.

Alors, tous se pressèrent à l’intérieur, jusqu’à ce que l’étable fût pleine de monde. Ils s’inclinèrent humblement devant la crèche dans laquelle un tout petit être était couché.

Les rudes bergers s’appliquaient à rester calmes. À voix basse, ils racontaient comment ils avaient aperçu l’étoile et comment quelques-uns d’entre eux avaient vu l’ange du Seigneur qui leur avait annoncé la naissance du Fils de Dieu et montré l’étable.

Ces gens simples étaient alors rentrés chez eux. Ils étaient allés chercher femmes et enfants – puis ils avaient suivi le rayon de l’étoile jusqu’à ce qu’ils aient trouvé l’étable.

Comme leurs yeux brillaient ! Avec quelle ardeur ils souhaitaient pouvoir servir le Messie ! Un bonheur s’était emparé d’eux. Dans leur béatitude, ils auraient voulu courir annoncer la bonne nouvelle à tous !

Ils avaient peine à partir. Ils ne pouvaient s’empêcher de rester là à contempler l’enfant jusqu’au moment où, Marie ayant besoin de repos, Joseph les pria s’en aller…

(Extrait de Résonances des millénaires enfuis)

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