Les enfants apprennent à maîtriser leur peur en s’appuyant sur la confiance des adultes. Mais nous, les adultes, sur qui ou sur quoi peut reposer notre confiance ?
La peur de l’enfant
Un homme marche au fond d’un jardin avec un enfant. C’est déjà la nuit et seule une lanterne éclaire leurs pas. Il y a des ombres sous les arbres, de grandes plantes sombres, des bêtes qui volent, d’autres qui marchent dans le noir.
L’enfant tremble de peur, accroché à la jambe de l’homme, mais cela l’amuse beaucoup. Dans ce cas, ce n’est pas la peur elle-même qui est agréable, mais plutôt l’assurance de se savoir protégé par cet adulte qui l’accompagne.
Le petit ressent qu’il a besoin de cette assistance contre les dangers de la vie. Ce qui explique aussi l’amitié entre celui-ci et son chien où chacun trouve son profit : protection pour l’enfant et affection pour les deux.
L’exhortation à maîtriser sa peur revient constamment dans les anciens contes. C’est le cas dans «Le Petit Poucet» où celui-ci retrouve seul son chemin dans la forêt.
La peur de l’adulte
Les adultes peuvent aussi connaître la peur, et sous diverses formes, une de celles-ci étant l’inquiétude. Dans ce cas, en vivant dans la crainte de demain, on gaspille déjà le bonheur d’aujourd’hui et on se ferme à l’aide dont on aurait le plus besoin pour surmonter les difficultés.
Voici donc le meilleur antidote de la peur : la confiance, celle dont parlait Jésus dans l’exemple des oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent, et qui pourtant ne manquent de rien. «Ne vous inquiétez donc pas du lendemain», disait-Il, «car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine» (Matthieu 6,34).
Pourtant, ce n’était pas là un appel à la négligence et à la paresse. Au contraire, les oiseaux de la parabole ne vivent pas dans la facilité et ils doivent, pour survivre, se tenir continuellement en mouvement.
Dans certains cas, l’inquiétude cache une angoisse plus grande, qui est celle de la mort et de l’absurde «chute dans le néant», qui serait la fin de ce que nous sommes et l’anéantissement de toutes nos expériences vécues. Mais cette vision du monde, qui laisse si peu d’espoir, est-elle encore justifiée après tous les témoignages de plus en plus nombreux d’une vie après la mort ?
La confiance chasse les ombres de la peur et nous révèle l’aide invisible qui se tient à nos côtés, si nous lui tendons la main. Car nous sommes entourés de fils invisibles, qui peuvent nous relier à des centrales de force de genres différents. Par nos pensées et nos intuitions, nous pouvons choisir de suivre un fil, qui à son tour nous reliera à une centrale d’un genre particulier.
Si nous choisissons celui de la confiance, nous en recevrons la force et le soutien dont nous avons besoin. En cela, soyons simples comme des enfants. En mettant en parallèle la peur des enfants et la nôtre, nous leur avons trouvé des ressemblances. Les enfants comptent sur plus grand qu’eux pour leur protection et nous aussi, puisque nous dépendons de la force et des aides mis à notre disposition par Celui qui nous a créés.
Normand Charest
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