Les semences et les récoltes : comment nous atteignent les retours karmiques ?

La loi fondamentale des semences et des récoltes est simple, mais se manifeste en différentes nuances, dans le but premier de nous aider à apprendre d’importantes leçons de vie, celles qui vont nous permettre vraiment d’évoluer.

Bien sûr, cette loi peut nous faire subir au centuple exactement ce que nous avons fait vivre à d’autres dans le passé… s’il n’y a que de cette façon qu’elle peut arriver à nous ouvrir les yeux.

Mais si nous sommes disposés à comprendre par nous-mêmes sans avoir besoin de souffrir pour y arriver, elle va s’ajuster avec ça et ainsi, frappera bien moins fort.

Les moyens utilisés par le destin

Le destin a «plus d’une corde à son arc» ; il trouve toutes sortes de voies pour acheminer les récoltes à quelqu'un ; il n’a pas nécessairement besoin d’un être humain qui nous ferait subir ce que nous avons déjà fait vivre à d’autres êtres humains ; notre imagination personnelle peut servir d’excellente voie de retour pour ça.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui manque d’égard envers les autres et en blesse moralement plus d’un, en ne mesurant jamais la portée de ce qui sort de sa bouche lorsqu’il est mécontent, ce qui l’amène à critiquer souvent, à ridiculiser même, causant ainsi beaucoup de stress autour de lui, à cause de ces attitudes.

Lorsque les récoltes de tout ça vont commencer à l’atteindre, il se pourrait qu’il devienne, à son tour à la merci de quelqu’un d’autre qui le blesserait fréquemment par des propos injurieux ou moqueurs à son endroit.

Mais s’il était, dans son milieu, le seul individu à agir de cette façon ; si tous ceux avec qui il entrait en contact étaient des gens plus civilisés et plus respectueux que lui, comment ses récoltes pourraient-elles l’atteindre malgré tout ? Seraient-elles bloquées, faute d’un être humain qui manque de civisme, pour servir de canal ?

Or, il existe une autre voie pour cela. Par exemple, il peut arriver à quelqu’un au cours de sa vie, une période pendant laquelle il se sent plus vulnérable, avec une fragilité émotive à fleur de peau. Il se sent comme «sans défense dans un monde cruel». Et en même temps, il a une imagination fertile pour inventer des scénarios tragiques dans lesquels il se voit aisément victime.

Il suffirait d’un seul commentaire désobligeant à son égard pour déclencher toute une ébullition émotive en lui, à cause de ce qu’il va imaginer autour de ce seul commentaire… un véritable «scénario catastrophe» qui lui infligera de douloureuses blessures morales avec la même intensité que si c’était une personne réelle qui l’humiliait pour de vrai.

Il prend ce que l’autre lui a dit, le ressasse, le ressasse encore et ainsi, arrive à le faire gonfler comme un ballon… croyant dur comme fer que l’autre a vraiment voulu le blesser, voire même le démolir par son commentaire. Et il en souffre beaucoup, car il croit trop fort que l’autre a été malveillant à son endroit. En se torturant mentalement de cette façon, il devient lui-même le canal par lequel des récoltes pénibles lui sont acheminées.

Le destin n’a pas besoin de chercher plus loin. En infligeant des blessures morales aux autres, nous créons en même temps sur nous-mêmes des points fragiles qui deviennent à la longue comme des ulcères ou des plaies sur lesquels il suffit d’un léger contact pour déclencher une douleur vive.

Le léger contact peut même être, par exemple, une critique constructive de la part d’un contremaître, d’un patron ou d’un ami bien intentionné, une critique exprimée en termes respectueux, faite avec l’intention d’aider, et qui n’amène aucune récolte difficile à celui qui l’a exprimée, au contraire.

Par la suite, cette critique constructive est décortiquée, analysée par l’imagination vulnérable de celui à qui elle est adressée, puis déformée et transformée encore une fois en intention malveillante attribuée à l’auteur de ces commentaires.

Heureusement, cet ulcère fragile qu’est notre imagination peut se guérir et se cicatriser.

Reprendre le contrôle de son imagination

Comment sortir d’une telle impasse et arriver à briser un tel cercle infernal ? Il faudrait d’abord accorder moins de crédibilité à toutes les intentions malveillantes que l’imagination attribue faussement à d’autres personnes. Parce qu’au moment où elle le fait, elle y va avec tellement de force, qu’elle laisse croire que ça correspond vraiment à la réalité.

Ce qu’il faut faire, pour lui faire perdre du pouvoir et ainsi affaiblir par la même occasion des récoltes difficiles, c’est d’essayer de détecter chez d’autres des intentions bienveillantes, des qualités, des forces ; de même, essayer de mieux comprendre notre prochain, les motifs véritables de plusieurs de ses actes, quitte à le faire d’abord avec les personnes qui nous semblent plus aimables, et nous concentrer sur elles.

Surtout, il faut s’entraîner à développer soi-même des pensées et des intentions bienveillantes envers les autres, en commençant encore une fois par cibler les personnes qui nous semblent plus aimables, et à gagner peu à peu de terrain là-dessus en visant de plus en plus de gens ensuite. Il ne faut pas attendre les moments où nous perdons le contrôle de notre imagination pour commencer à développer cette tendance. Il faut avoir commencé avant, et de façon régulière, si nous voulons empêcher notre imagination de «perdre les pédales», au moment où elle en a le plus envie.

D’autres exemples de façons dont les récoltes peuvent nous atteindre

J’ai connu personnellement un jeune homme qui taquinait souvent de façon excessive et parfois grossière ; il continuait même lorsque les autres en avaient assez.

Aujourd’hui, ce jeune homme est quelqu’un avec qui il n’est pas facile d’entrer en contact parce qu’il est devenu plus fragile, plus susceptible. Il est sélectif envers les gens, fait un choix restreint des personnes avec qui il veut garder contact… parce que sa tolérance envers les comportements des autres est limitée. Aujourd’hui, on peut l’irriter, même sans le vouloir et en faisant attention. Il agit comme s’il avait peur qu’on lui fasse ce qu’il a déjà fait allègrement à bien d’autres personnes dans le passé.

J’ai connu une dame qui vivait seule et qui déplorait que dans sa maison, il y eût parfois, au cours de la nuit, des bruits, des craquements subits et inattendus qui la faisaient sursauter ; elle n’avait pas peur, mais elle se disait agressée par ces bruits qu’elle ne s’expliquait pas toujours... même si les bruits provenaient d’une maison construite avec des faiblesses dans la structure.

Au cours d’une conversation avec cette dame qui était quand même assez ouverte pour que nous puissions en discuter franchement, je lui ai fait remarquer qu’en d’autres temps, j’observais chez elle passablement d’agressivité et d’impatience dans son attitude et que, selon moi, ces colères impulsives qu’elle faisait à l’un ou à l’autre pouvaient avoir un lien avec les sentiments d’être «agressée» par les bruits de sa maison.

Elle a avoué qu’il lui arrivait même assez souvent d’avoir des pensées agressives contre telle et telle personne qui l’irritaient par leur manière d’être ; elle m’a promis qu’elle allait s’efforcer de stopper ce genre de pensées et de réaction.

Elle l’a sûrement fait puisque, quelques semaines plus tard, nous nous sommes reparlé des bruits de sa maison. Elle m’a dit qu’elle les remarquait moins qu’avant ; ça ne l’agressait plus vraiment, sauf une fois de temps en temps… mais elle ne s’y arrêtait pas longtemps.

J’ai connu un jeune homme qui aimait faire sursauter les autres, les prendre par surprise, leur faire peur ; un soir où il faisait particulièrement noir, il s’en retournait chez lui à pied. Il s’est mis subitement à entendre un bruit fort qui lui semblait à 4 ou 5 mètres de lui. Pris d’une peur panique parce qu’il s’imaginait que ça pouvait être un animal dangereux, il a couru jusqu’à la maison la plus proche, a téléphoné pour qu’on vienne le chercher.

Les habitants de cette maison ont pu témoigner qu’il était très pâle et avait un regard apeuré lorsqu’il est arrivé. Le lendemain, en plein jour, il est retourné à l’endroit où il avait entendu un bruit fort et a pu identifier ce que c’était. C’était un sac de plastique coincé dans une clôture et qui battait au vent. C’était bel et bien le bruit qu’il avait entendu et qui lui avait fait si peur. Et comme si le sac l’avait fait exprès, la veille au soir, il a commencé à faire du bruit au moment où le jeune homme était tout près, en pleine noirceur.

Si nous prenions maintenant l’exemple d’un homme qui, en situation de frustration, commet des actes de violence physique, des voies de fait.

Le retour karmique de tout cela devra-t-il attendre qu’il rencontre sur son chemin une personne aussi dangereuse que lui ? Et comment est-ce que ça va se produire si lui-même est plus fort physiquement et plus apte à se défendre que tous ceux qu’il rencontre ?

Le retour de telles actions peut se faire de différentes façons sans même nécessiter le concours d’un autre être humain, par exemple, à cause d’un accident avec blessures, sans que personne n’ait fait exprès pour que ça arrive.

Bref, le destin a plus d’un moyen à sa disposition et, lorsque c’est l’heure de récolter, il n’y a pas rien à faire pour s’en protéger… sauf en ayant déjà, au préalable, amorcé un progrès spirituel nous amenant inévitablement à être une meilleure personne pour notre entourage. Cela amènera un affaiblissement appréciable de la souffrance à récolter, voire même l’évitement de cette souffrance, selon l’intensité et la sincérité de l’amélioration.

L’extrait suivant amène à réfléchir :

«… vous ne pouvez échapper aux lois de la réciprocité des effets à l’œuvre dans la Création. Eussiez-vous les ailes de l’aurore que la main du Seigneur – dont vous avez mal employé la Force – vous atteindrait par cette fonction de réciprocité qui agit de façon auto active, quel que soit l’endroit où vous cherchiez à vous cacher.» (Dans la Lumière de la Vérité – Tome 2, Chapitre 1)

Terminons maintenant avec un exemple positif : quelqu’un qui contribue à la prospérité d’autrui pourrait un jour, à son tour, connaître la richesse et l’abondance matérielle. Si ce n’est pas de cette façon, la récolte l’atteindra à coup sûr d’une autre façon, par exemple, de lui donnant la tendance bien naturelle de ne jamais se tracasser pour le matériel, tout en restant quelqu’un de responsable et de réaliste ; ou encore, lorsqu’il veut réaliser des projets qui lui tiennent à cœur, les moyens pour atteindre ses buts lui viennent «comme par enchantement». Bref, c’est le même genre d’expérience vécue qui revient en guise de récoltes, mais à travers différentes voies possibles.

En résumé

Donc, si nous sommes généreux envers les autres, nous récolterons un jour la générosité de d’autres personnes ou encore, nous serons favorisés par les événements.

Si nous semons la peur, nous récolterons un jour la peur, une peur provoquée par des événements réels ou une peur purement imaginaire, mais tout aussi intense.

Si nous faisons preuve d’amour sincère envers d’autres personnes, nous recevrons aussi un jour ce genre d’amour sincère de la part de d’autres ou encore, si nous ne pouvons en attendre autant de notre entourage terrestre, nous pourrions quand même bénéficier d’une protection spirituelle, créant une sorte d’ambiance d’amour autour de nous, une ambiance qui nous aidera à passer par dessus les lacunes de notre entourage terrestre sans en être blessés ni avoir l’impression de manquer de quelque chose.

Donc, la loi des semences et des récoltes est une loi simple mais puissante, qui s’exprime cependant en une variété de manières pour réaliser une «justice nuancée à l’extrême», une justice qui, peu importe la façon dont elle nous est acheminée, nous fait vivre exactement ce que nous avons fait vivre à d’autres, au cours de notre passé terrestre antérieur… ceci afin de nous éduquer et nous aider à devenir de meilleures personnes.

Guy Poulin

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