Abolition de la peine de mort et crucifixion de Jésus

Des rencontres internationales sont régulièrement organisées afin de travailler à l’abolition de la peine de mort. Les églises chrétiennes soutiennent cette lutte, mais enseignent en même temps que la peine capitale prononcée et exécutée contre Jésus fut quelque chose de bénéfique pour l’humanité. Comment une telle contradiction est-elle possible ?

Les arguments contre la peine de mort

Ôter la vie à quelqu’un qui a fait beaucoup de mal est de plus en plus considéré comme un procédé barbare, indigne de l’être humain. L’effet dissuasif d’une telle mesure sur les criminels potentiels s’est d’ailleurs montré infondé. En usant de violence, l’État désinhibe les citoyens face à la violence et les incite à en faire usage eux-mêmes. Qu’un tel procédé puisse avoir un effet réparateur pour la famille de la victime s’est aussi révélé erroné. De nombreuses familles de victimes s’élèvent contre l’usage de la peine de mort en leur nom.

Un message incompréhensible

Au fond de lui, l’être humain ressent qu’il y a une contradiction à utiliser la violence pour encourager à adopter un comportement non-violent et respectueux du prochain. Comme le résumait une abolitionniste : «Qu’un État tue pour montrer à ses ressortissants de ne pas le faire est un message incompréhensible.»

Il y a 2000 ans

Il y a 2000 ans, Jésus fut condamné à mort. Son exécution eut lieu par le supplice de la croix qui conduit à une mort lente et douloureuse. À l’époque, ses disciples ressentirent la crucifixion de Jésus comme quelque chose de choquant, d’injuste et d’arbitraire. Ce n’est que plus tard que l’idée fut répandue que cette mort avait été nécessaire et voulue ; que Jésus, par sa mort sur la croix, avait pris les péchés des hommes sur lui et les en avait débarrassés. Cette interprétation s’oppose toutefois au ressenti de beaucoup de croyants. En paraphrasant la citation donnée plus haut, on pourrait en effet dire : «Que Dieu veuille le mal pour montrer à Ses créatures de ne pas le faire est un message incompréhensible pour les êtres humains.»

Une autre conception de la crucifixion

Si l’unanimité peut aisément se faire sur le fait que la mission du Christ consistait à enseigner l’amour du prochain, elle ne peut se réaliser sur la pensée que la crucifixion était un sacrifice nécessaire à la rédemption de l’humanité. La crucifixion fut décidée par les autorités de l’époque pour se débarrasser de quelqu’un qui les incommodait. En le faisant, ils ne participèrent pas à un grand plan de sauvetage de l’humanité. La mission du Christ ne consistait pas à mourir sur la croix, mais à enseigner l’amour du prochain, comme toute sa vie en témoigna.

Christopher Vasey

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