On peut mourir de soif au désert, même si l’eau coule dans le sol sous nos pieds.
La beauté se trouve tout autour de nous, sans que nous la voyions. La vérité peut aussi se trouver toute proche, sans que nous la reconnaissions. Ainsi, appuyés à la fontaine, nous demeurons assoiffés. Cette eau qui peut changer notre vie demeure inutilisée, parce que nous n’avons pas tendu la main pour la recueillir.
Et ce qui pourrait devenir, en nous, un jardin plein de fraîcheur et de fruits demeure à l’état de désert. C’est la raison pour laquelle tant de gens fuient le silence, car le silence nous ramène à notre monde intérieur.
Il faut se servir de notre intuition comme d’une baguette de sourcier pour rechercher cette eau cachée. Et aller en profondeur pour la trouver.
Quelle que soit l’intention originale du poète, voilà ce que ce vers peut nous inspirer, si nous le considérons d’un point de vue spirituel : «Je meurs de soif auprès de la fontaine».
Normand Charest
(Pour réagir : lecteurs@graal.ca.)