Japon : respect des êtres de la nature et symbolisme des jardins

Au Japon, le shinto honore les êtres de la nature (les «kamis») depuis les temps préhistoriques. Ces kamis sont reliés à des lieux que l’on respecte de manière particulière, encore aujourd’hui.

À l’origine, on ne construisait pas de temples. On croyait que les kamis résidaient dans des endroits particuliers de la nature : îles, chutes d’eau, très vieux arbres, gros rochers se détachant du relief ou de la mer. On y établissait des espaces sacrés pour communiquer avec les dieux. La tradition des pierres et des étangs sacrés s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.

Les lieux sacrés sont délimités par des cordes de paille. Plus tard, pour purifier ces espaces, on a commencé à recouvrir le sol de sable ou de gravier. Les actuels temples shintos, faits de bois et installés dans la forêt, sont entourés d’un grand espace couvert de gravier.

On retrouve tous ces éléments dans le jardin japonais : les îles dans l’océan représentées par des pierres, couvertes ou non de mousse verte, et du sable ou du gravier ratissé de façon à donner l’illusion de vagues ; les étangs, avec des îles ; les chutes d’eau, ou bien de sable. Et tous ces éléments forment le vocabulaire de base du jardin japonais.

Dans l’art des jardins, les Japonais sont restés fidèles à leurs racines en y intégrant, de façon naturelle, leurs croyances originelles en ces entités de la nature qu’ils respectaient, ces entités qui étaient les maîtres des éléments.

Normand Charest

Pour réagir : lecteurs@graal.ca.

Syndication

Syndiquer le contenu