Au fond de lui, chaque être humain aspire à vivre en paix et en harmonie avec son prochain. Cette aspiration est des plus naturelles, car, très concrètement, la vie est plus belle et simple lorsque la paix est présente que lorsque la guerre et les conflits sévissent. Et pourtant, la paix ne règne pas entre les hommes ici sur Terre.
Plus de 3,6 milliards de morts, tel est – selon une estimation de l’OMS – le nombre de victimes de toutes les guerres ayant eu lieu de l’année 3 570 av. J.-C. à nos jours. Ce nombre représente un peu plus de la moitié de la population actuelle du globe.
Il ne s’agit que d’une estimation, car elle inclut des époques lointaines. On sait par contre précisément que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, jusqu’aux années quatre-vingt-dix, plus de cent guerres ont éclaté quelque part sur Terre. Cela représente environ 2,2 nouvelles guerres par année, dont le coût humain a été de 21 millions de décès, soit 38 000 par mois, ou 1 par minute.
Ces chiffres, déjà terribles en-soi, ne prennent cependant pas en considération les survivants – bien plus nombreux – et toute la détresse et les souffrances qui les accompagnent longtemps encore après le conflit.
Lorsqu’une guerre éclate, bien des gens rejettent avec force l’idée qu’eux-mêmes puissent appartenir au nombre de ceux qui en sont responsables. «Ce sont les dirigeants du pays qui prennent les décisions, je n’y suis pour rien.» Cette prise de distance par rapport aux responsabilités se traduit aussi par le ton consterné à propos de «ce qui a été» décidé, ce qu’«ils» osent faire, sur la violence des «autres». Cette même attitude se retrouve aussi chez les gens qui, parce qu’ils n’appartiennent pas à une des nations en conflit, croient n’être reliés en rien à celui-ci.
Cependant, beaucoup plus d’êtres humains qu’on ne le croit habituellement sont à l’origine des guerres. La raison pour laquelle cela n’est pas plus connu provient de ce que l’on ne tient pas assez compte de l’importance fondamentale des pensées.
Les pensées qui n’ont pas encore été exprimées sont considérées habituellement comme n’ayant pas d’importance pour le déroulement des événements terrestres, car, contrairement aux actes et aux paroles, elles ne sont pas perçues par les êtres humains.
Toutefois, et à l’opposé de cette conception, certaines de nos expressions montrent que nous considérons tout de même les pensées comme des réalités bien tangibles. «Ce sont les idées qui gouvernent le monde» dit le dicton, soulignant ainsi que les événements terrestres ne se dirigent pas tellement d’après les actes et les paroles, mais bien plus d’après les idées que se font les hommes de la réalité.
D’après les connaissances spirituelles, les pensées sont effectivement des réalités tangibles. Elles sont faites d’une matière plus subtile que la matière dense que nous connaissons et ont une forme aux caractéristiques correspondantes à l’idée en question. Ces «formes-pensées» prennent naissance une fois la pensée émise et s’éloignent de leur auteur, auquel elles restent toutefois reliées par un cordon de liaison.
À cause de la loi de l’attraction des affinités, chaque forme-pensée attire à elle des formes-pensées qui lui sont semblables, mais qui sont plus faibles qu’elle, ou est attirée vers une forme-pensée de même genre, mais plus forte qu’elle. Il se crée ainsi des «Centrales» qui regroupent des formes-pensées identiques – par exemple : respect du prochain, persévérance ou agressivité, racisme, cupidité. Étant le rassemblement de milliers, voire de millions de pensées similaires, chaque centrale acquiert une puissance inouïe.
Lorsqu’une guerre éclate, la responsabilité ne se mesure donc pas seulement en fonction des critères terrestres habituels, mais aussi en fonction des pensées que chacun émet, et ceci, qu’il appartienne aux nations en guerre ou non ! Car tous ceux qui ont entretenu d’une manière ou d’une autre la centrale de pensée ont leur part de responsabilité dans l’existence du conflit.
Si des pensées de guerre engendrent les guerres, des pensées différentes peuvent y conduire également à la longue. Ainsi celui qui entretient en lui des pensées de cupidité envers les biens d’autrui, collabore sans le savoir aux guerres de conquête parce qu’il a renforcé les pensées de cupidité dans le monde. Il en va de même pour ceux qui ont des pensées racistes ou qui se laissent aller à l’intolérance religieuse. Leurs pensées contribuent à engendrer des conflits raciaux ou de religions. Les distances ne jouent ici aucun rôle, car les centrales de pensées engendrées par l’humanité peuvent déverser n’importe où sur le globe terrestre ce qu’elles ont à offrir, dès qu’elles trouvent un point d’ancrage en affinité avec elles.
La paix ne sera donc avant tout et durablement obtenue que par un changement des pensées profondes de l’humanité pris dans son ensemble, car la guerre et la paix ne reflètent en définitive que l’état intérieur des humains.
Christopher Vasey
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