L'intuition est une faculté qui se manifeste spontanément en nous ; c’est fondamentalement un ressenti au niveau du plexus solaire et elle peut s’accompagner d'une image, d’une pensée qui s’accorde avec elle et la rend plus précise. Cependant, toutes nos pensées spontanées ne relèvent pas nécessairement de l'intuition.
Il arrive à plusieurs personnes d'avoir des pensées étranges qui leur viennent bien spontanément aussi (images de suicide, d’agression, de peur, etc.).
Lorsque quelqu’un en vient à être habité par ce genre de pensées, il peut facilement se dire : « Il me semble que ce n'est pas moi, ça ! » ou encore : « Je ne comprends pas que j'aie de telles pensées, car je ne veux pas ça du tout, moi ! ». Et, il a raison, car ces pensées particulières viennent de l'extérieur et sont soutenues par l'énergie négative qui, malheureusement, entoure la terre actuellement. Ce sont des pensées étranges qui, n'étant pas en harmonie avec le for intérieur de la personne, n’étant pas alimentées non plus par le vouloir de la personne chez qui elles se manifestent, n'ont alors pas d'impact sur l'entourage.
Les pensées spontanées qui accompagnent l'intuition sont toujours saines, constructives, belles, inspirantes. Nous nous sentons capables de faire corps avec elles, parce qu’elles sont une partie de nous-mêmes. Même si ces pensées ou ces images nous sont insufflées par quelqu'un d'autre – en l’occurrence, un guide spirituel – nous sommes en mesure de les faire nôtres et il n’y a aucun problème à les adopter parce qu'elles sont faites sur mesure pour nous. Elles nous amènent à des prises de conscience bénéfiques, à des changements salutaires sur nous ou en nous ; ou encore, tout simplement, elles sont un avertissement pour nous protéger et nous pouvons le ressentir comme tel.
Un exemple : Un ami vous pose une question sur un problème qu'il vit et, pour l’aider, vous voilà en train de lui expliquer quelque chose à laquelle vous n'avez jamais pensé auparavant. En même temps que vous lui répondez, vous êtes en train de vous apprendre quelque chose à vous-mêmes. C'est comme une image et une impression qui vous sont arrivées bien spontanément, une inspiration sur laquelle vous vous êtes appuyés pour répondre à votre interlocuteur.
L'ami est content de votre réponse et vous vous sentez vraiment bien, suite à ce que vous lui avez dit pour l'aider. Vous avez en même temps l’impression de vous avoir appris quelque chose de nouveau à vous-mêmes et vous vous sentez totalement en accord avec cette nouvelle connaissance.
Parfois, ces images et ces impressions qui nous sont données nous dérangent aussi, surtout quand il s'agit de la prise de conscience d'un défaut qu'il nous faut absolument corriger si nous voulons éviter de graves inconvénients. Ça fait mal sur le coup, mais il y a une partie de nous-mêmes qui, bien spontanément, est en accord avec ça, même si ça dérange. Il y a ce pressentiment que si nous tenons compte de ces images « dérangeantes » en partant, et corrigeons ce que nous avons à corriger, de l'autre côté du « dérangement », nous attend la libération d’un lourd fardeau ; il y a, à l’autre bout, une promesse d’un mieux-être, d’une belle sensation de liberté.
C'est différent lorsqu’il s’agit d’une culpabilité qui est alimentée par la pression de l'opinion des autres, ou par une imagination trop fertile qui a le don d'inventer des scénarios difficiles, une imagination qui a vraiment le « sens du tragique », comme on pourrait dire.
Toute culpabilité donne l'impression qu'il y a quelque chose à corriger, à changer en nous ou sur nous-mêmes. Mais lorsque cette culpabilité vient de la pression de notre entourage ou de l'imagination de notre intellect, et qu'elle n’est pas en harmonie avec ce que notre intuition nous ferait ressentir bien spontanément, il suffit de nous représenter comment ça serait si nous faisions les corrections demandées.
Ça nous donnerait l'impression de nous charger de quelque chose avec laquelle « le cœur n'y est pas », que nous ne serons plus nous-mêmes en nous ajustant de cette façon. Si nous nous sentons ainsi, c’est que ça ne vient pas de l’intuition ; ça vient d'autres influences par lesquelles nous déciderions de nous laisser conduire.
Un autre exemple : une jeune fille s’éprend d’un garçon qui, finalement, est exigeant envers elle et se montre susceptible, qui boude ou devient de mauvaise humeur lorsqu’elle ne répond pas à ses attentes. La jeune fille se sent coupable, responsable des sautes d’humeur de son amoureux, voudrait vraiment être à la hauteur pour que son amoureux se sente bien avec elle ; et, quand enfin, il est de bonne humeur et lui fait des compliments, elle se sent tellement soulagée !
… sauf si elle va voir en elle-même, en toute sincérité. Elle peut alors réaliser qu’il y a une impression désagréable qui est là, en permanence ; comme quelque chose qui demande à être réglé. Cette impression, toujours égale à elle-même, parce qu’elle vient de l’intuition, réclame la libération de cet asservissement.
Et c’est alors qu’un tiraillement intérieur s’installe chez elle : elle aime son amoureux, veut lui faire plaisir et être à la hauteur de ses attentes, mais en même temps, elle a un goût bien naturel et spontané de recouvrer sa liberté… parce qu’elle n’est pas à l’aise avec de telles attentes, qu’elle a toujours l’impression de renoncer à une partie d’elle-même lorsqu’elle y répond. Ce goût de libération est là, en permanence et se fait sentir spontanément, chaque fois qu’elle y prête attention.
Elle peut ressentir de façon pressante, un goût de se libérer de quelque chose en mettant « cartes sur table » avec son amoureux et, s’il le faut, de le laisser tomber, s’il n’y a pas moyen de se libérer, en continuant à le côtoyer.
Nous avons souvent des intuitions de ce qu’il faut faire, de ce qu’il faut choisir, mais l’obstacle, c’est la « tête », l’imagination, les pensées intellectuelles qui déclenchent d’autres impressions, et ces dernières peuvent « enterrer » ou éclipser complètement l’intuition naturelle… jusqu’à ce qu’on arrive à calmer ce genre de pensées. Alors, les émotions déclenchées par ces pensées se calment elles aussi.
L’intuition peut alors de nouveau réapparaître et c’est alors que nous découvrons qu’elle est encore égale à elle-même. Les émotions intenses, déclenchées par des pensées superficielles, l’ont fait disparaître de notre conscience, mais ne l’ont pas transformée pour autant, loin de là.
Lorsque, pour la première fois, nous découvrons l’existence de la faculté intuitive en nous, il n’est pas facile au début de la distinguer des sentiments. Mais avec le temps et l’expérience, on y arrive. C’est une question de bon vouloir et de persévérance. Et si pour vous, tout ça n’est pas l’évidence, en partant, les mots suivants de Abd-ru-shin sont destinés à vous encourager :
« Même si de nombreux êtres humains doivent emprunter maintes voies détournées parce qu’ils s’étaient jusqu’alors uniquement assujettis à l’intellect, qu’ils ne se découragent pas pour autant ! Eux aussi parviendront au but. Il s’agit pour eux de clarifier leur intellect, de se dépouiller et de se libérer peu à peu de ce qui les entrave en faisant l’une après l’autre les expériences qui jalonnent les voies détournées. »
« Allez donc de l’avant avec courage ! Grâce à un vouloir sincère, tous les chemins mènent finalement au but. » (Tome 2, conférence 7)
Guy Poulin
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