Aujourd’hui, nous entendons de plus en plus parler de karma. On utilise presque toujours ce mot pour expliquer des situations désagréables, parfois même pour excuser certains comportements. «Désolé, c’est sûrement mon karma!»
Une lectrice du site graal.ca nous pose les questions suivantes sur ce thème, auxquelles nous tenterons de répondre :
– Je crois que le karma d’un meurtrier est de se faire assassiner un jour. Ce nouveau meurtrier devra donc subir le même sort. Comment peut-on arrêter ce karma sans fin?
– Le pardon met-il fin au karma ? Est-il possible dans l'au-delà?
– Un médium peut voir à l’avance ce qui attend un individu? Où est le libre arbitre si tout est planifié d'avance?
Pour bien comprendre ce que signifie le mot karma, il faut connaître la loi de la réciprocité des effets que l’on appelle aussi la loi de la rétroaction ou la loi des semailles et des récoltes. Cette loi, nous la mettons constamment en action par notre vouloir, nos pensées, nos paroles et nos actions lesquels sont des semences spirituelles. Elles germent, croissent, mûrissent dans l’au-delà et nous reviennent chargées de ce que nous y avons déposé. Cette loi tisse ainsi les fils de notre devenir et explique le destin de l’être humain.
La décision d’agir de façon bonne ou mauvaise appartient à l’être humain. Il dirige alors la force neutre qui traverse la Création vers le bien ou vers le mal et est ainsi responsable des conséquences qui s’ensuivent. Celles-ci reviennent vers lui sous forme d’expériences agréables ou de coups durs où qu’il soit sur Terre. Ce que l’on nomme karma est la répercussion des actes passés. Voici ce que l’on peut lire dans le Message du Graal :
« Lors d’une rétroaction, si tu es encore sur Terre ou si tu y séjournes à nouveau, la force des conséquences issues du spirituel se répercute en bien comme en mal, selon leur genre, sur ta situation, sur ton environnement ou directement sur ta propre personne, sur ton corps. » (Dans la Lumière de la Vérité, Message du Graal, Tome 1, conférence 6)
Pas nécessairement. Ce qui forme le karma d’un individu, ce qui est déterminant lors de toute action, ce sont les effets que cette action produit chez autrui. Ce sont ces mêmes effets qui reviendront vers son auteur, amplifiés, c’est-à-dire au centuple. Prenons le cas que vous citez : l’assassinat d’un individu père de famille. Dans ce cas hypothétique, bien sûr, les effets produits seront peut-être la peur et l’angoisse chez la victime ; la solitude, la détresse voire la dépression chez la conjointe ; l’insécurité et le sentiment d’abandon chez les enfants. Tous ces effets sont les semences spirituelles que le meurtrier vient de mettre en « terre », dans son jardin invisible, mais combien réel, et qu’il sera tenu de récolter lorsque le temps de la moisson arrivera pour lui. Cela peut se produire dans cette même vie ou dans une future incarnation. Il se trouvera alors au milieu de situations très difficiles qui lui apporteront peur et angoisse, solitude, détresse, insécurité, dépression… À moins que ! À moins qu’entretemps, par des expériences vécues ici-bas ou dans l’au-delà, il ait pris conscience du tort qu’il a fait, qu’il regrette sincèrement et qu’il désire ardemment s’améliorer et réparer. Il devra racheter, c’est certain, car la loi du retour est infaillible. Cependant dans toutes les occasions de rachat, la loi tient toujours compte de l’état intérieur de la personne puisqu’elle est justice. Alors, les retours karmiques qu’il sera tenu de vivre seront différents et atténués s’il a réellement changé intérieurement. Il aura mille et une occasions d’aider autour de lui. L’auteur du Message du Graal écrit :
« Ainsi, la moindre gentillesse faite à ses semblables, une compassion sincère à l'égard du prochain ou un seul mot aimable peut donner lieu au dénouement symbolique d'un karma, à condition que le mobile profond en soit le vouloir sincère de faire le bien. » (Dans la Lumière de la Vérité, Tome 2, conférence 27)
Si l’individu n’a pas changé, il sera frappé de plein fouet lors de la récolte et ceci dans le but éducatif de comprendre, en le vivant, que tel et tel comportement sont indésirables et contre les lois de la vie. S’il ne tire aucune leçon de l’expérience, non seulement celle-ci sera dure et éprouvante, mais elle n’effacera en rien la dette karmique contractée lors du comportement erroné. Néanmoins lors d’expériences pénibles, l’être humain peut, s’il le veut vraiment, décider de s’améliorer. Dans un tel cas, connaître l’existence de la loi des récoltes et des semailles l’aide à comprendre que ce qu’il vit a un sens et l’incite à faire des efforts pour changer. En surmontant cette épreuve, il se transformera peu à peu et l’intensité des récoltes qui l’attendent diminuera proportionnellement au changement opéré. Plus celui-ci sera grand, plus le rachat se fera sans douleur, dans la joie d’aider même. Le degré d’évolution d’un individu vers le bien détermine l’intensité du retour karmique.
La loi de la rétroaction ou de la réciprocité des effets est incorruptible et d’une justice absolue, parfaite puisqu’elle exprime la Volonté de Dieu dans la Création.
On attribue souvent au karma une valeur péjorative. Le karma est aussi valable pour toute bonne pensée, parole et action. Nous pouvons donc aisément comprendre que les pensées de soutien, les paroles d’encouragement, les gestes d’entraide envers le prochain ensemencent notre jardin invisible de bonté, d’amour, de paix, de générosité… que nous récolterons un jour. Ce n’est pas le hasard ou la chance qui sont à l’origine de ce qui nous arrive de bien ou qui ont une prise sur notre destin. C’est notre « libre vouloir » que nous pouvons utiliser consciemment pour le bien de notre prochain et notre propre bonheur. La loi de la rétroaction se révèle être une bénédiction pour l’être humain.
Le pardon a une valeur inestimable pour celui qui l’accorde et pour celui qui le reçoit. Toutefois, seul celui qui a été lésé, celui qui a subi des dommages, des préjudices, peut pardonner. Celui qui a réellement pardonné a coupé les fils de haine, de rancœur ou de vengeance qui le retenaient à l’offenseur. Il peut donc s’élever et continuer son évolution le cœur léger. Le karma néfaste qui devait refluer sur l’offenseur par la fonction de réciprocité se trouve alors amoindri et affaibli. Mais la loi des récoltes et des semences s’accomplira tout de même. S’il regrette son geste, le coupable trouve là l’occasion de travailler sur lui-même, car le pardon ne lui enlève pas le défaut ou le penchant au mal qu’il porte en lui et qui l’a conduit à faire le mal. Il devra travailler de toutes ses forces pour corriger ce défaut, ce penchant afin de ne pas retomber dans les mêmes expériences funestes et ainsi s’attirer le malheur d’un karma pénible et douloureux.
Si nous poursuivons dans l’exemple du début (un meurtrier), la victime est maintenant dans l’au-delà et le coupable est toujours sur Terre. Même dans l’au-delà, l’offensé peut pardonner à son agresseur. Mais la loi, qui est infaillible et parfaite, devra s’accomplir. Supposons qu’entre temps l’offenseur pardonné se soit considérablement amélioré et tourné résolument vers le bien. Il lui sera alors donné l’occasion de se départir de sa dette lors d’une autre incarnation sur Terre ou au cours de son incarnation actuelle, en rendant de façon désintéressée un service à l’un, ou en prodiguant de bons conseils à l’autre, ou en soignant quelqu’un ou d’une tout autre manière. Il y a tellement d’occasions d’aider qu’il est difficile de les énumérer toutes. Par la gratitude qu’éprouveront les personnes aidées, le rachat sera réalisé ! Une condition fondamentale est cependant nécessaire : le vouloir sincère de faire le bien. Le Message du Graal parle alors de rachat symbolique en précisant que tout cycle karmique doit se boucler là où il a commencé.
Il faut tout d’abord définir ce qu’est le libre arbitre. Dans la Création, tout est pourtant simple, mais nous avons le don de tout compliquer. Ce qui semble mystérieux ou illogique ne l’est pas. Nous sommes libres de prendre des décisions, cependant nous sommes soumis aux conséquences qui en découlent. Décisions et conséquences sont liées. Quand nous optons pour tel ou tel comportement (paroles, pensées, actions), nous acceptons automatiquement les conséquences inhérentes à ces comportements, que nous en soyons conscients ou non. Prenons un exemple simple : si je m’amuse à lancer des roches, il se peut fort bien que je brise une fenêtre, que je blesse une personne et cela, sans que je l’aie voulu réellement. Une fois la roche lancée, je ne peux plus l’arrêter. Même si je m’écrie par la suite : « Ce n’est pas ma faute ! Ce n’est pas ce que je voulais ! »; je suis bel et bien responsable et je devrai en assumer les conséquences. Dans notre raisonnement souvent trop court, nous séparons « décisions et conséquences », ce qui nous amène plus tard à penser que nous ne sommes pas libres. Cette impression vient du fait que nous sommes au beau milieu des conséquences que nous avons nous-mêmes attirées par les choix que nous avons faits, ou encore les résolutions que nous avons prises et souvent complètement oubliées. C’est toujours le cas si ces conséquences sont l’aboutissement de décisions prises dans une vie antérieure. Ces situations désagréables et indésirables sont toutefois les occasions idéales pour comprendre que notre souffrance est le reflux de ce que nous avons fait vivre à d’autres et que malheureusement nous portons encore les mêmes faiblesses en nous. Celles-ci attirent les retours karmiques pénibles à leur point de départ. Malgré cela, nous avons toujours la possibilité de prendre la décision de changer avec les efforts que cela implique. Nous planifions donc nous-mêmes notre destin. L’auteur du Message du Graal écrit :
« C'est par ce libre choix que s'exerce le libre arbitre individuel. Dès l'instant où l'être humain a pris une résolution, il est inéluctablement soumis aux conséquences qu'elle entraîne. Son libre arbitre est mis hors circuit en ce qui concerne ces conséquences. Conformément à son libre choix, un karma favorable ou néfaste s'attache ainsi à l'être humain qui lui reste naturellement assujetti tant qu'il ne se transforme pas intérieurement. » (Dans la Lumière de la Vérité, Tome 2, conférence 51)
En vivant ce qu’il a fait vivre à autrui, l’être humain goûte les fruits savoureux ou amers qu’il a semés en utilisant son libre arbitre pour le bien ou pour le mal. Les expériences favorables qui en découlent indiquent que l’être humain vit en harmonie avec les lois à l’œuvre dans la Création. Par contre, les expériences désagréables lui permettent de ressentir ce que ses « victimes » ont vécu. Elles lui permettent de comprendre, s’il est ouvert, que cette souffrance, qu’elle soit physique ou morale, est pénible, horrible pour en arriver à souhaiter ne jamais faire souffrir une autre personne de la sorte. « Je ne souhaite pas cela à personne, même pas à mon pire ennemi », entendons-nous parfois. C’est le début de la manifestation du bon vouloir.
Les fils que nous avons fait naître restent reliés à nous jusqu’à leur dénouement. C’est ce qu’un médium peut entrevoir s’il a vraiment reçu le don de voyance. Par ailleurs, si la personne s’engage résolument vers le bien, change intérieurement et décide plus tard de consulter à nouveau le médium, la lecture que ce dernier fera sera différente puisqu’un changement intérieur équivaut à des changements dans l’aura.
Réfléchir aux conséquences de nos gestes n’est donc pas inutile, mais nécessaire pour faire des choix éclairés qui nous amèneront à récolter la joie au lieu de la souffrance.
Grâce à son « bon vouloir », à cette force insoupçonnée, le fautif fera les efforts pour se transformer intérieurement. Ce qui l’avait poussé à commettre son ou ses crimes (que ce soit l’envie, l’avidité, la jalousie ou la vengeance…) se transformera peu à peu en bonté, générosité, amabilité, bienveillance, pardon. Il libèrera ainsi son libre arbitre des défauts qui le poussaient dans la mauvaise direction et l’empêchaient de développer les belles qualités qui reposent à l’état embryonnaire dans son esprit.
Si nous le voulons sincèrement, les expériences que nous vivons sont donc de merveilleuses occasions pour nous connaître vraiment, reconnaître nos faiblesses comme nos forces afin de nous corriger et de nous développer en libérant notre aspiration vers ce qui est bien et noble. Sur ce chemin s’épanouissent des êtres humains heureux, soucieux de leurs prochains et reconnaissants envers le Créateur.
Diane Ch. Brault
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