On peut se nourrir longtemps de souvenirs de vacances… Pourquoi ? Parce qu’ils sont intenses, que nous sommes dépaysés, que la nouveauté éveille notre attention et que nous avons alors tout le temps nécessaire pour bien observer, écouter, ressentir – qu’il s’agisse de nature ou de culture (musées, concerts, architecture, mœurs différentes).
Mais qu’est-ce qui nous empêche de vivre aussi intensément le reste de l’année ? La routine, qui peut apporter l’ennui et une attention moins grande à ce qui nous entoure. Et puis aussi le fait d’être trop occupés par nos nombreuses obligations, bien sûr.
Les vacances sont des cadeaux qui permettent de nous reposer, de nous régénérer et de nous ressourcer. Mais il nous faut un jour retourner à notre quotidien. Or, celui-ci n’a pas à être terne. Pour combattre cette tendance, nous devons retrouver notre faculté d’émerveillement, celle-là même qui nous fait vivre plus intensément en vacances.
L’émerveillement nous rappelle qu’il y a toujours un aspect inconnu à découvrir en chaque chose, même dans les plus modestes. C’est elle qui anime les enfants, qui doivent tout apprendre (ou réapprendre, si l’on croit à la réincarnation) dans ce monde tout neuf.
Mais cela doit continuer à l’âge adulte. Pour que cela fonctionne, il nous faut demeurer constamment en mouvement, comme le font les enfants et les animaux. C’est ainsi que nous vivrons plus intensément chaque moment.
Celui qui croit qu’il n’y a plus rien de neuf sous le soleil est déjà moins vivant. D’ailleurs, les plus grandes beautés du monde, celles de la nature, ne sont pas du tout nouvelles. Elles sont « éternellement » belles parce que constamment renouvelées, et on ne s’en lasse jamais.
Sauf si nous nous enfermons dans un monde complètement artificiel, dans des architectures fermées, branchés à nos écouteurs, à nos écrans divers. Heureusement qu’il y a l’été pour nous faire redécouvrir la vie naturelle – et un peu de vie sans confort, loin de nos appareils – pour favoriser notre écoute, notre éveil. Le monde est toujours plus grand que toutes les représentations imaginaires, artistiques ou numériques que l’on peut s’en faire.
Normand Charest
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