Estime de soi et vie spirituelle (3)

Il faut bien distinguer « estime de soi » et « orgueil ». La première est une force, l’autre est une faiblesse.

L’estime de soi s’appuie sur l’intuition d’avoir fait un bon choix de chemin de vie et d’être en paix, d’être tout naturellement à l’aise et heureux au fond de soi-même, à cause de cela. Nous nous sentons en harmonie avec les aspirations sincères qui vivent au plus profond de nous, parce qu’elles peuvent s’épanouir et se concrétiser sur le chemin que nous avons choisi ; voilà pourquoi il est facile d’être content de soi-même, sur une telle voie.

Sur ce chemin il y a des obstacles à surmonter, mais aussi des défis qui se placent devant nous et qui sont faits pour nous, parce qu’ils correspondent à notre plan de vie, à notre destin.

De même, nous y avons le loisir d’aller plus loin encore, en accomplissant des tâches dont nous prenons nous-mêmes l’initiative, parce qu’il y a en nous une sorte « d’appel » à les réaliser pour le profit de notre entourage, de quelques personnes ou de l’humanité en général. Pour chacun, c’est différent. Mais pour chacun aussi, tendre à réaliser ces aspirations faites à sa mesure, c’est une base solide sur laquelle se construit en même temps une belle estime de soi-même.

De son côté, l’orgueil n’est pas un bon terrain pour l’estime de soi. Ça peut même aboutir au résultat contraire. L’orgueil, c’est d’être absorbé par soi-même en se préoccupant surtout de l’image que nous voulons projeter… ou que nous croyons déjà projeter sur notre entourage. C’est une sorte d’illusion d’être admirés, d’impressionner, d’attirer l’attention ; sinon, c’est de rêver d’en arriver là.

Étant donné que les énergies intérieures de l’orgueilleux sont trop orientées sur sa propre personne et sur l’image dorée qu’il croit projeter ou aimerait projeter, il redoutera certainement tout défi de dépassement de soi qui risquerait de porter atteinte à cette image. Il refusera par exemple d’apprendre quelque chose de nouveau, s’il lui faut devenir l’apprenti de quelqu’un qui en sait bien plus que lui… il refusera davantage encore si ça l’amène à faire des erreurs — normales au début de tout apprentissage — et que d’autres peuvent être témoins de ces erreurs.

Il préfèrera s’en tenir à ce qu’il maîtrise déjà ou à ce qu’il peut apprendre seul, de façon à ne jamais « perdre la face », ni être dans l’obligation de regarder en toute objectivité une lacune personnelle.

Finalement, chez un orgueilleux de la sorte, la « voix de la conscience » s’exprime de temps à autre pour faire ressentir de la déception ou de la désapprobation pour ce genre de chemin choisi, ou encore, pour essayer de ramener à la conscience les lacunes ou les faiblesses qu’il veut tant se cacher à lui-même. Ça peut alors conduire à des moments de découragement et de perte d’estime de soi.

Dans le Message du Graal, Abd-ru-shin dénonce l’orgueil comme un ennemi redoutable du véritable progrès de l’humanité, c’est-à-dire, du progrès qui amène un être humain à devenir une source de joie et de bienfait pour son entourage.

Cette œuvre nous fait prendre conscience aussi des forces spirituelles qui sont à notre disposition et de la portée merveilleuse de ces forces lorsque nous les orientons bien, grâce à la qualité de nos pensées.

Ainsi, simplement en « gardant pur le foyer de nos pensées », en désirant sincèrement faire du bien autour de nous, en nous laissant guider par l’amour pour quelques personnes, pour l’humanité ou pour l’ensemble de la création, nous devenons déjà des collaborateurs pour la paix et le bonheur de l’humanité.

Avant même d’avoir commencé à poser des gestes concrets dans ce sens, nous pressentons déjà notre contribution à quelque chose de bien et cela nous amène à un niveau appréciable de bien-être intérieur. Nous nous plaçons ainsi sur un terrain fertile pour le développement d’une meilleure estime de soi-même.

Guy Poulin

Pour réagir à cet article : lecteurs@graal.ca.

Syndication

Syndiquer le contenu