Comment agissent nos pensées ?

Si nous pouvons arriver à mieux comprendre des notions spirituelles en les comparant à des phénomènes naturels, nous pouvons y arriver aussi en empruntant parfois des exemples dans le domaine de la science et de la technologie. En voici un.

Prenons l’exemple de robots – à forme humaine ou non — qui peuvent accomplir des tâches bien précises, celles pour lesquelles ils ont été programmés. Nos pensées, qui sont quand même des créations plus vivantes que les robots, ont des réactions qui s’apparentent à eux. Si les êtres humains ont un libre arbitre qui les rend imprévisibles, parce qu’on n’est jamais vraiment sûr à l’avance de la décision finale qu’ils vont prendre, les formes-pensées et les créations de la technologie, elles, sont prévisibles, car elles exécutent uniquement ce pour quoi elles ont été programmées.

Nos pensées — qui sont invisibles et impalpables à nos sens physiques — ont une forme précise et elles agissent concrètement sur un plan astral que l’auteur du Message du Graal nomme : « matière dense de faible densité ».

À force d’être alimentées, elles finissent par devenir assez fortes pour influencer, déclencher ou soutenir maints événements dans notre monde physique ; bien sûr, des événements qui sont en affinité avec le genre de ces pensées.

Donc, nos pensées pourraient être comparées à des robots très sophistiqués que nous fabriquerions nous-mêmes régulièrement, que nous programmerions en même temps pour qu’ils accomplissent telle ou telle fonction, celle qui correspond à ce que nous voulons vraiment, à ce que nous souhaitons sincèrement.

Une fois bien construites et programmées, ces formes-pensées s’en vont toutes seules et agissent de façon apparemment autonome, cherchant à réaliser la « mission » que nous leur avons confiée, consciemment ou sans nous en rendre compte le plus souvent. Et elles ne peuvent rien faire d’autre que cela.

Cependant, ces pensées, il faut continuer à les alimenter, les cultiver, pour qu’elles maintiennent toute leur efficacité. On pourrait dire — symboliquement parlant — que c’est comme si, grâce à une technologie très avancée, elles arrivaient à capter à distance une part de l’énergie qui émane de nous, à condition toutefois que cette énergie soit émise à la même fréquence, sur la même longueur d'onde que celle qu’ont et auront toujours ces pensées, depuis le moment où nous les avons conçues.

Si nous changeons intérieurement, donc, si nous émettons sur une tout autre longueur d’onde, ces pensées — qui ont été programmées pour émettre et recevoir sur une longueur d’onde différente — n’arrivent alors plus à capter le genre d’énergie qui émane de nous. Elles se font donc « couper les vivres », et alors, elles faiblissent, perdent graduellement leur efficacité et à la fin, deviennent totalement impuissantes, se désintègrent et disparaissent complètement.

Quelques exemples fictifs

J’aimerais illustrer avec l’exemple suivant : quelqu’un est en colère contre un autre et, pendant environ 5 minutes, il lui en veut terriblement, allant même jusqu’à lui souhaiter sincèrement beaucoup de mal. Symboliquement parlant, c’est comme s’il fabriquait un robot puissant, avec un riche potentiel d’énergie destructrice, et programmé de façon très efficace pour aller faire du mal à la personne détestée.

Mais, imaginons qu’après ces 5 minutes de haine intense, la personne qui a émis ces pensées – et qui, au fond, est une bonne personne — le regrette et souhaite que les problèmes causés par l’autre se règlent d’une bien meilleure façon. C’est comme si, après avoir fabriqué un robot puissamment dangereux, elle lui coupait assez vite l’alimentation en énergie, puisqu’elle se met à émettre sur une autre longueur d’onde.

La forme-pensée en question cherche quand même à faire la tâche pour laquelle elle a été programmée, telle une pierre lancée qu’on ne peut pas rattraper ; elle cherche à exercer son rôle destructeur et, comme je l’ai dit, elle ne peut rien faire d’autre que cela… Mais en se faisant subitement « couper les vivres », elle s’affaiblit, provoque peut-être quelque petit dégât, puis « tombe en panne » pour finir par se désintégrer.

Ensuite arrivent d’autres genres de formes-pensées qui, elles, sont programmées pour favoriser et soutenir un règlement plus pacifique du conflit. Si elles sont alimentées plus longuement et avec sincérité, elles vont vite devenir plus efficaces que la première, conserver longtemps leur efficacité, finissant par ouvrir une voie inattendue pour un règlement sans accrochage.

Par ailleurs, il y a des gens qui en haïssent d’autres, leur souhaitent du mal, s’imaginent même se venger d’eux, les frapper, etc., et ça se poursuit jour après jour. Symboliquement parlant, elles fabriquent plusieurs robots programmés pour faire du dommage, et elles les alimentent constamment en énergie.

Et c’est ainsi que ces pensées arrivent à faire du tort aux personnes visées, si ces dernières ne se protègent pas bien : par exemple, à cause de cela, ces personnes visées pourraient commettre des erreurs, là où elles n’en ont pas l’habitude… ou encore, se sentent régulièrement accablées, ou perdent de leur assurance, mais sans connaître la cause véritable de ces impressions désagréables.

Heureusement, si certaines de ces personnes visées sont animées d’un bon vouloir sincère envers l’un ou l’autre de leurs prochains, ça leur permet alors d’être entourées d’une « couche protectrice » contre tous ces mauvais effets. Symboliquement parlant, c’est comme si elles possédaient un système de sécurité efficace, qui détecte et neutralise tous les robots dangereux, voire même, les retourne à leur fabriquant, de sorte que, finalement, c’est uniquement sur leur concepteur que ces robots vont produire leurs effets dommageables. Ils finiraient de toute façon par retourner vers leur fabricant pour lui faire du tort à son tour, mais le « système de sécurité » les y renvoie bien plus vite.

Les pensées les plus fortes, ce sont celles qui sont profondément et sincèrement ressenties, par exemple, des pensées de haine accompagnées de forts sentiments correspondants, ou au contraire, des pensées de gratitude ressenties du fond du cœur, ou encore des prières de demande d’aide, qui sont comme des appels au secours pour la personne aimée qui est en détresse, etc.

Des pensées non voulues

Par contre, des pensées de haine qui nous arrivent en tête subitement, sans que nous les voulions (ex. : penser de faire mal à quelqu'un) et qui sont stoppées rapidement par des impressions sincères de : « Ça n’a pas de bon sens ! », ces pensées-là sont comme un robot avec des défauts de fabrication, et avec des lacunes dans son programme informatique. Le robot va vite tomber en panne, sans même avoir pu faire le moindre dégât.

Et même si ces pensées nuisibles essayaient pendant plusieurs minutes de s’imposer à nous, même si elles « bourdonnaient » dans notre tête et semblaient ne pas vouloir lâcher prise, tant que nous continuons sincèrement à ne pas « être en accord avec elles », tant que nous trouvons regrettable d’avoir de telles pensées et en sommes même mal à l’aise, alors c’est comme si, pendant toutes ces minutes, notre chaîne de montage était en production, mais tout ce qui sortait au bout de cette chaîne était défectueux.

À l’opposé, les regrets sincères d’avoir de telles pensées, le fait d’en être désolé, déçu, les remords, les craintes que ces pensées fassent du mal, les souhaits sincères que ces pensées agressives ne causent aucun dommage, ces dernières pensées aussi sont comme des robots que nous construisons et qui, eux, sont mieux conçus et plus efficaces, à cause de la sincérité des états d’âme qui en sont la base. Ces pensées sont alors programmées pour réparer les dégâts que les pensées agressives non voulues… n’ont même pas pu causer. Donc, en définitive, elles vont aller faire du bien à la personne visée.

Commentaires sur certains genres de pensées

Lorsque quelqu’un agit mal envers nous, que ça nous fâche, mais que nous sommes animés, non pas par des pensées de violence ni des désirs de vengeance, mais par des pensées sévères, du genre : « Ça suffit ! », « C’est assez ! », « Il faut que ça cesse ! », ces pensées-là ne sont pas de mauvaises pensées, même si elles s’accompagnent d’une émotion de colère. Ces pensées sincères et profondément ressenties souhaitent un changement pour le mieux et ont même l’élan qu’il faut pour imposer ce changement.

De même, les pensées sévères — imprégnées d’amour — qui souhaitent le meilleur pour l’autre, mais qui réalisent que l’autre a malheureusement besoin d’être secoué et ébranlé pour s’éveiller, ce ne sont pas non plus de mauvaises pensées, parce qu’encore une fois, elles souhaitent l’amélioration, le mieux-être, même si on peut dire que ces pensées ne sont ni heureuses, ni joyeuses.

Cependant, il faut s’assurer que l’orgueil n’accompagne pas ce genre de pensées et qu’il y ait toujours à la base le désir d’aider l’autre, le souhait du meilleur pour l’autre.

Être déçu ou triste à cause du comportement incorrect d’une autre personne, ce n’est pas non plus une mauvaise pensée, surtout si on ne veut pas de mal à cette personne, qu’on ne s’enorgueillit pas non plus en se comparant à elle. Constater des points faibles chez quelqu’un, s’en affliger pour ensuite chercher des façons de l’aider là-dessus, ce sont de bonnes pensées en soi.

C’est certain qu’il n’y a rien de mieux que des pensées joyeuses et confiantes, orientées vers un but élevé et merveilleux. C’est ce qu’il y a de plus puissant, de plus efficace. Mais tout le reste ci-haut mentionné est bon aussi et a sa raison d’être.

Par contre, des pensées d’orgueil du genre : « Je suis bien mieux que toi, moi ! », ce sont de mauvaises pensées, car elles visent — consciemment ou inconsciemment — à ce que l’autre reste petit, minable, imparfait, pour que nous puissions mieux « briller » à ses côtés, pour que les gens nous admirent, nous ! Ces pensées sont alors programmées pour aller chercher la sympathie d’admirateurs, tout en essayant de nuire à ceux avec qui nous nous comparons, tendant même à les empêcher de s’épanouir.

C’est différent, si nous constatons que nous sommes meilleurs que telle ou telle personne dans un domaine, et que, dans nos pensées et nos états d’âme, nous souhaitons à ces personnes de progresser elles aussi pour atteindre un jour notre niveau. Ce sont alors de bonnes pensées, car elles visent le progrès et l’épanouissement de l’autre.

Des pensées efficaces

Pour terminer, j’aimerais citer ces extraits du Message du Graal de Abd-ru-shin qui montrent quelles sont les pensées vraiment efficaces :

« … Je ne parle toujours ici que des pensées réelles qui portent en elles la force vitale de l’intuition de l’âme. Non du gaspillage de force de la substance cérébrale qui t’est confiée en tant qu’instrument… »

« Si, par exemple, tu te concentres sérieusement sur quelque chose, cette pensée en toi devient fortement magnétique par la force du silence ; elle attire tout ce qui lui est semblable et s’en trouve ainsi fécondée. Elle mûrit et sort du cadre de l’ordinaire… » (Dans la Lumière de la Vérité, tome I, c. 6)

Guy Poulin

Pour réagir à cet article : lecteurs@graal.ca.

Syndication

Syndiquer le contenu