Bouddha : «Ainsi, la pure doctrine se propagera comme les racines d’un arbre»

Les 7e et 6e siècles av. J.-C. verront la venue de trois importants guides, soit Zoroastre en Iran au 7e siècle (Zarathoustra), puis Lao-Tseu en Chine et Bouddha en Inde au 6e siècle.

Celui qui allait devenir le Bouddha vivait d’abord à l’ouest du Tibet, au Népal, où il était prince et portait le nom de Siddharta Gautama. Alors qu'il était en voyage, son palais de Kapilavastu...

... tomba aux mains de ses ennemis. Au même moment, il était attaqué par des brigands dans la forêt et laissé pour mort. On lui avait tout pris, même ses vêtements.

Lorsqu’il fut rétabli, il voulut retourner chez lui habillé de haillons, mais il ne put s’y rendre. La ville était détruite, les siens n’y étaient plus, et son ennemi l’aurait fait tuer s’il l’avait reconnu.

Sur la route

Il n’eut d’autre choix que de partir sur la route, comme un mendiant. Il avait vécu insouciant dans l’aisance, sans se poser de questions et sans croire aux dieux.

Maintenant qu’il souffrait, cela éveillait en lui des questions sur le sens profond de la vie. La route allait devenir son école. De prince, il était tombé au niveau le plus bas de la société, d’où il allait remonter graduellement tout en poursuivant sa quête spirituelle.

Il fut d’abord le serviteur d’un charmeur de serpents, grâce auquel il découvrit son lien particulier avec les animaux. Son deuxième maître sur la route était marchand. Avec lui, il apprit qu’il fallait s’améliorer, au cours des réincarnations, pour finalement retourner vers les hauteurs.

Son troisième maître était brahmane. Reconnaissant en Siddharta un destin particulier, il l’amena à une école pour compléter sa formation. Il y fut remarqué par sa capacité de parler aux serpents et aux tigres. Puis il trouva enfin le Dieu suprême qu’il cherchait.

Et il retourna sur la route, qui le mena cette fois vers la solitude et la réflexion. Une nuit, assis sous un arbre, il se vit au centre d’une pure fleur de lotus. En contemplation, il y reçut d’en haut l’appel pour éveiller son peuple à l’Éternel. Il devait parcourir le pays et établir des communautés. «Ainsi, la pure doctrine se propagera lentement comme les racines d’un grand arbre

Écoles et monastères

Siddharta parcourut le pays pendant des années et il apporta la connaissance de l’Éternel dans plusieurs royaumes entre l’Himalaya et la mer. Maintenant, une centaine d’élèves le suivait, et il souhaita s’établir quelque part. Une montagne lui fut montrée où il put construire son école et, au pied de la montagne, une ville «de sagesse et d’étude, une ville de pureté et d’aspiration à la Lumière».

Lorsque cela fut fait, il donna des règles à tous puis leur parla du chemin en huit étapes que l’être humain devait suivre pour se transformer, chaque étape découlant de la précédente.

Les frères portaient une tunique jaune et quêtaient leur nourriture comme le faisaient les brahmanes. Mais on donnait volontiers, car les frères jaunes aidaient en toutes choses et ils étaient de merveilleux conteurs.

Un jour, un jeune homme ressemblant étrangement à Siddharta vint à la Montagne. C’était Rahoula, un des deux fils de Siddharta qui avaient survécu avec leur mère au saccage du palais. L’émotion était grande pour le père et le fils, mais chez les deux le spirituel et le service l’emportaient sur les liens sentimentaux.

Avec le temps, d’autres écoles et monastères furent établis à travers le pays pour répondre à la demande grandissante. Or, tous ces lieux étaient réservés aux hommes et personne n’avait pensé aux femmes, pas même Siddharta.

Mais un groupe de sœurs jaunes avait déjà commencé à aider les femmes, sous la direction de Anaga. En parlant avec elle, Siddharta comprit qu’elle était guidée par la Lumière, et il fit construire des monastères réservés aux femmes partout dans le pays. Anaga apporta aussi l’idée toute nouvelle de construire des écoles pour les enfants, sous la direction des sœurs jaunes.

D’autres écoles seraient dirigées par des frères, pour les garçons de plus de six ans. Quant à Anaga, elle reçut une autre mission particulière, celle d’éveiller les âmes des femmes endormies, et elle était guidée vers elles.

Les années passaient, son fils Rahoula était maintenant responsable du monastère de Utakamand, et une troisième génération de Gautama arrivait : un petit-fils du nom de Siddharta venait s’instruire auprès de son grand-père. Pour éviter la confusion, on l’appela simplement Gautama. Et c’est lui qui allait succéder à Siddharta à la direction de tous les monastères. Il avait aussi reçu la mission d’unir l’Inde entière autour de la nouvelle croyance en l’Éternel.

Succession

Après le décès du premier Siddharta, on plaça le corps de celui-ci dans une grotte, à la manière tibétaine, et on posa une plaque où l’on pouvait lire ces paroles : «Siddharta, celui qui a atteint son but sur Terre, est devenu Bouddha en se réveillant dans l’au-delà

Gautama instaura plusieurs nouveautés. Il fit construire un Temple de l’Éternel sur la montagne, tout en pierres blanches, avec une coupole de verre coloré. Pour la première fois, les femmes étaient placées devant les hommes, car «le Maître des mondes a créé la femme plus lumineuse et plus légère afin qu’elle nous précède, nous les hommes

Il avait aussi décidé que chaque responsable de monastère devait passer une année sur trois sur la Montagne, afin d’assurer la communication et la cohésion de l’ensemble, car l’Inde comptait déjà une cinquantaine d’écoles et trente monastères de sœurs et de frères jaunes. Lui-même entreprit une tournée du pays, accompagné de six élèves qu’il voulait former. L’un d’entre eux, Siddha, devait lui succéder.

Après avoir tout préparé, Gautama put terminer sa vie en ermite, dans l’Himalaya, accompagné de deux aides. Il lui sera révélé là des connaissances de plus en plus élevées, dont celle de la Reine des Cieux : «Dis aux femmes de la Terre qu’il existe dans les jardins divins un jardin de la Pureté. Qu’elles s’efforcent de l’atteindre !» Trois femmes venues jusqu’à lui seront chargées d’apporter cette connaissance aux sœurs des monastères en son nom.

Puis vint le temps où Gautama quitta la Terre à son tour. Sa dépouille fut amenée à la Montagne de l’Éternel pour y être inhumée. Devant sa grotte, selon sa volonté, on posa une plaque avec ces seuls mots : «Gautama-Bouddha».

N. C.

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